10 février 2012

La médecine : un corps à corps avec la vie et avec l'autre

Je suis heureuse de lire un tel article dans la Revue Médicale Suisse no 327 du 8.2.2012

Son auteur, le Dr Marco Vanotti, nous permet de retrouver l'essence de l'art médical


 Il nous rappelle que l'art de soigner comprend d'abord la rencontre de deux personnes dans leur corps, non pas seulement dans ce qui concerne leurs situations de malade et de thérapeute mais aussi de deux individus qui ont des expériences semblables inscrites en eux. Cela permet l'empathie si précieuse pour con-naître (= naître avec) ce que peut éprouver autrui.

« La médecine est avant tout une façon d'agir des humains entre eux »...

« C'est dire aussi que dans une perspective médicale, nous avons toujours à garder active la question de savoir ce qui est « bien traiter la vie humaine... »

 Voici des réflexions essentielles qui peuvent accompagner chaque malade dans ce qu'il attend du médecin et chaque médecin dans sa mission auprès du malade.

Commentaires

Bonjour Marie-France,
Merci pour ce joli rappel de l'étymologie du mot "con-naître"!
L'éthique médicale remplira tout son sens le jour où le patient sera véritablement au centre de la relation et qu'il cessera d'être traité comme un objet sur qui on parle mais à qui on ne parle pas nécessairement et qu'on n'écoute que trop peu.
Il ne s'agit pas de vouloir se subsister au savoir du médecin - ce qui serait un non-sens - mais de prendre en compte la parole du patient dans la manière de poser un diagnostic, de prendre une décision, celle-ci étant encore trop le fruit d'un pouvoir autochrate et dogmatique, faisant fi de la personne humaine qu'est le malade.

Le récit du patient est souvent tronqué. Sa volonté, aliénée. Le respect prend tout son sens ici ... Si le respect change la vie, comme le veut l'adage, on pourrait l'appliquer prioritairement dans ce domaine.

Et c'est grâce à une approche globale comme la vôtre, que l'éthique médicale pourra évoluer plutôt que de ne demeurer qu'objet de discours.

Bien à vous !

Écrit par : Micheline Pace | 10 février 2012

"l'art de soigner comprend d'abord la rencontre de deux personnes dans leur corps": si je comprend bien, quand on fait l'amour, on se soigne entre partenaire?

Écrit par : faire part mariage | 10 février 2012

Faire part mariage : Ce que vous écrivez n'est pas si faux! En fait, on peut dire que faire l'amour apporte une très grande circulation d'énergie dans le corps. A ce niveau, il s'agirait plutôt d'une nourriture énergétique. Toutefois, cette nourriture peut toucher par exemple des organes en perte de vitesse et donner juste de quoi les faire fonctionner à nouveau. Ou encore, rétablir des circuits malmenés. Je me souviens d'une femme qui recherchait le coït quand elle avait une cystite, ce qui la soulageait grandement. On peut en dire autant pour une femme qui a des douleurs de règles: si elle passe outre sa douleur en acceptant de faire l'amour, un orgasme avec tous les échanges corporels qu'implique une relation sexuelle peuvent la rééquilibrer.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 février 2012

Merci beaucoup, Micheline Pace, de votre analyse très fine de ce que peut vivre certains patients. Je peux aussi souligner le fait que le patient est d'autant moins écouté qu'il est dans une situation de fragilité vu son état, ce dont on ne tient pas forcément compte.
Non seulement, il vaut la peine de l'écouter mais encore de réveiller le médecin qui sommeille en lui. A savoir, l'aider à écouter ses intuitions et à leur faire confiance. A souligner toutefois qu'il ne faut pas confondre intuitions avec impulsions!
Bonne soirée!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 février 2012

Très belle article, ça remonte le morale. Excellent rappel de la déontologie de la médecine. Merci beaucoup

Écrit par : faire part | 17 février 2012

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