17 février 2011

L'impact de la « une » d'un quotidien sur la population

L'impact de la « une » d'un quotidien sur la population

La « une » de la TdG de ce jour nous offre : « Enfant mort aux HUG: la mère crie son désespoir. »

« Deux ans après la mort d'un enfant suite à une transfusion de plaquettes sanguines.... »

« Je veux réveiller la justice, qu'elle me donne une explication... »


Cette article qui touche tous les lecteurs et également tous ceux qui aperçoivent ce titre sur les manchettes du journal éveille plusieurs réflexions.

Est-ce que l'article est celui de la mère ou celui du journal?

Autrement dit, le journal doit-il entrer entièrement dans le canal proposé par la mère ou peut-il avoir un recul et donner la parole à d'autres visions et proposer d'autres voies?

Tout d'abord le titre : Pourquoi mettre la mère en avant? Une fois de plus, un stéréotype. La mère ne semble qu'être accompagnée par le père et la parole ne lui est pas spécialement donnée. De toute façon, l'article est tellement orienté que le mari n'aurait peut-être pas osé parler d'autre chose.

La blessure de la perte d'un enfant est intense, très profonde et très intime. De plus, cette mère a une blessure supplémentaire d'avoir fait un don de moëlle osseuse à son fils et que ce don n'a pas été valable, ce qui représente une injustice terrible à ses yeux.

Si la blessure est intime, il est normal de chercher des jalons où l'on peut pour avancer sur un chemin dramatique. Toutefois, s'acharner sur l'illusion qu'une explication par la justice va lui permettre de passer le cap n'est qu'un paramètre extérieur. Même si elle reçoit une réponse, elle ne se retrouvera que davantage face à la réalité que son fils est mort.

La façon de présenter la situation est aussi très partiale dans la mesure où le gros problème est la leucémie chez un tout jeune enfant. Là se situe la vraie cause de la mort. Les médecins ont fait de leur mieux avec les moyens qu'ils ont mais ils ne font que parer aux coups de la maladie; ils ne vont pas chercher la cause profonde de la faillite de l'équilibre de la santé, de l'ensemble complexe des éléments qui ont fait que l'enfant a présenté une telle maladie.

C'est dans d'autres dimensions qui ne sont pas prises en considération dans la médecine scientifique qu'il faut aller chercher. Souvent, il y a tellement d'éléments en jeu qu'on ne peut pas les rattraper assez vite et la maladie fait son oeuvre, sans compter que les traitements agressifs - chimiothérapie, radiothérapie- jouent aussi leurs rôles.

Par conséquent, pointer du doigt un élément à la suite de quoi tout à basculer c'est octroyer à une goutte la responsabilité totale d'avoir fait déborder le vase. Et s'acharner sur cette goutte ne rend pas service aux parents car elle devient une obcession qui les éloigne de la réalité: la maladie et le décès de leur enfant.

Il est vrai aussi que les médecins, cherchant souvent à donner de l'espoir, misent trop sur leurs techniques et peuvent donner l'impression de toute-puissance, sur quoi s'appuient les parents, ce qui aggravent le désespoir quand l'enfant décède.

Alors, quand rien ne va plus, on s'adresse à la justice dont on exige tout, y compris une explication impossible à donner car les paramètres biochimiques et biophysiques de l'enfant et des produits ont disparu depuis longtemps.

Il reste donc un mystère et ce n'est pas dans une enquête pragmatique qu'il sera mis en lumière.

Certains éléments du puzzles peuvent être mis en évidence mais c'est inutile de s'acharner sur la médecine ou la justice qui ont fait leur possible dans la limite de leurs compétences.

Me Poggia déclare qu'il y a eu forcément une erreur de la part des médecins. Non, «A  l'impossible nul n'est tenu. »

 

Commentaires

Les médecins sont une caste qui se protège tellement qu'il est inutile de s'y attaquer !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17 février 2011

merci, Victor, pour votre visite.
Je dirais plutôt que les médecins sont protégés par tout le système actuel, que ce soit le savoir scientifique, les lobbies économiques, le pouvoir politique et juridique. Il est donc normal qu'ils se sentent dans une forteresse. Ils sont aussi préservés par la population dont la majorité croit encore à la supériorité de la médecine "dans les cas graves".
Le problème c'est qu'étant dans leur forteresse, ils sont coupés d'apports extérieurs qui seraient très intéressants et utiles pour les malades. Mais le système n'aide pas à une grande ouverture puisque les seuls soignants reconnus et les seules écoles acceptées dans les hôpitaux sont ceux issus dudit système.
Malgré le vote de la reconnaissance par la population de la réalité des médecines alternatives, on continue à n'octroyer quasi aucun intérêt pratique et concret à tout ce qui se fait dans le monde alternatif et on parlera en long et en large de "manques de soignants" simplement parce qu'on ne veut pas aller les chercher là où ils se trouvent.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17 février 2011

Ce qui est déplorable, chère madame, c'est que lorsqu'ils ne savent plus quoi faire, ils renvoient les patients chez eux, pour mourir tranquilles.

C'est ce qui m'est arrivé, avec le second époux de ma mère ... après une banale biopsie ne sachant pas comment le remettre sur pieds, ils l'ont renvoyé à domicile.

Il est mort après une semaine de vie comme un légume, demandant toutes les 5 minutes, la date, le jour, l'heure ... etc.

Je trouve cela inadmissible !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 18 février 2011

Victor, je suis très touchée par l'épreuve que vous avez traversée. C'est terriblement éprouvant d'accompagner un proche vers sa mort que ce soit à domicile ou à l'hôpital car nous n'avons jamais été formés pour cela. Je l'ai vécu moi-même avec ma mère à domicile aussi.
L'Hôpital a certaines compétences mais pas toutes et je pense que vous avez été certainement un meilleur accompagnant que des personnes surchargées de travail à l'hôpital. Le cadre de la maison est aussi beaucoup plus paisible et beaucoup plus chaleureux que celui de l'hôpital. Une telle situation nous permet d'expérimenter l'humilité et de découvrir en nous des capacités insoupçonnées. J'espère que vous avez aussi pu vivre cette dimension de l'épreuve avec votre beau-père.
Belle journée à vous!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 février 2011

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