15 février 2011

Le prêtre de Carouge, mérite-t-il des funérailles?

 

Je suis sidérée de voir à quel point tout se focalise sur la présomption de pédophilie.

Comme si la vie de se prêtre était réduite aux faits dont il est soupçonné.


Et lui-même a tout réduit à cette histoire dans la mesure où il se suicide et s'interdit des funérailles.

Je suis souvent surprise par les dernières volontés d'une personne qui impose, après sa mort, un désir aux survivants. En fait, l'aprés-mort appartient bien aux vivants et c'est à eux de prendre les décisions qui les concernent, à savoir le soin à porter aux affaires du mort, y compris son cadavre.

Si ce prêtre s'est autojugé et autopuni, ce n'est pas une raison pour faire choeur avec lui.

Si les Chrétiens étaient concernés pas le message de Jésus, ils suivraient Sa Parole : « que celui qui est sans péché jette la première pierre ».

Il ne faut pas confondre dénoncer une faute avec anéantir le porteur de la faute.

Celui-ci a besoin de toute notre amitié, ce qui ne signifie pas complaisance, pour traverser ses épreuves. De réelles funérailles lui permettraient de recevoir des forces là où il en a besoin dans son intense désarroi et ses troubles de personnalité. Ce prêtre mérite comme tout être humain de continuer vers un chemin de transmutation de toutes ces immaturités, même celles qui l'ont fait disjoncter.

 

Commentaires

Madame de Meuron, vous qui êtes croyante ne prenez pas la place de Dieu..SVP.

C'est à sa famille que revient le droit de faire ce qu'il faut, sans que le rituel devienne une pub pour léglise et pour certains politiques comme c'est trop souvent le cas.

Écrit par : ckoidont | 15 février 2011

@Marie-Fr.de Meuron,vous avez raison à presque cent pour cent mais n'oublions pas qu'il existe des situations ou la personne qui va décéder se doit par respect pour les survivants aussi d'essayer de débrousailler le chemin du futur,la famille soudée n'existe plus,dans le temps les beaux frères se devaient de relever les défis,maintenant ce sont les arnaqueurs et requins en tous genres qui déploient leurs ailes sur la famille et ce presque trois ans durant,les anciennes structures banquaires ou tout le monde connaissait tout le monde ,out,c'est tout le contraire on va se faire un plaisir de tester cos capacités de renaitre à une autre vie,voir si psychologiquement parlant vos nerfs tiennent le coup, ,alors seulement ensuite vous pourrez affronter si d'autres n'ont pas cherché à vous dégouter de la vie et sans trop de maux physique ,alors seulement après une bonne inspiration vous pourrez dire,enfin sorti avec mention super de l'apprentissage le plus cruel qui soit et personnel à chacun réservé par le destin,car cette peur distillée par les médias condamne au silence par crainte de ne jamais être crues des personnes qui auraient dû être secourues ,on le voit avec ces couples qui meurent seuls chez eux,et trouvés une semaine après!c'est triste aussi!
bien à vous et bonne soirée

Écrit par : lovsmeralda | 15 février 2011

Ckoidont,
Je me demande bien où vous placez Dieu pour me faire une injonction de ce genre!
Votre crainte de pub vous fait vraiment rester loin du drame en jeu.
Vous décrétez que c'est à sa famille de décider mais qui est sa famille? La famille biologique ou la famille spirituelle?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 février 2011

Le prêtre n'a pas attendu la justice terrestre pour affronter la justice Divine.
C'est son affaire. Pour ma part, j'ai une pensée toute particulière pour les victimes d'agressions sexuelles de la part d'adultes, qui représentent, aux yeux de l'enfant, la force, la loi, la supériorité écrasante, la domination. Le crime est donc sérieusement agravé par la fragilité, le manque de défense d'un être totalement à la merci de l'adulte prédateur. Il me semble donc inopportun , au regard de tous ces éléments, de savoir ce qu'il serait bon ou non à faire du cadavre du "présumé coupable" qui n'a pas supporté d'être dévoilé. Il ne fait aucun doute que si ce prêtre n'avait pas été dénoncé, il serait parti de mort naturelle, regrétté pour sa vie exemplaire et sa grande charité !!! Sans avoir à nous subsituer à la justice Divine, force est d'établir, avec lucidité, un simple constat, qui devrait rendre la question du cadavre, particulièrement secondaire, puisque désormais redevenu poussière.

Écrit par : Jean-Claude Ponson | 15 février 2011

Je suis maman et outrée par le fait que l'on plaigne cet homme. N'oublions pas qu'avant tout c'était un homme, pour moi homme d'Eglise est sinonyme de respect! Un homme qui touche à des enfants ne se respecte pas, ne respecte pas non plus la vie d'autrui! Oui je juge et m'insurge! oui je jette la pierre, car jamais au grand jamais, je ne cautionnerai un pareil crime contre des enfants! Cet homme qui n'a pas eu le courrage d'assumer ses actes. Que de souffrances pour ses victimes! Que de souffrances pour ces victimes dont leurs bourreau n'aura pas été punis. C'est pour eux que mon coeur de maman pleure, c'est vers eux que vont mes pensées et toute mon empathie, que dire pour les apaiser...Rien juste, ne pas les négliger, ne pas nier leurs souffrances....Et je pense surtout ne pas glorifier un bourreau! Je suis maman je le répette et je ne pourrais pardonner à qui aurait le malheur de toucher à l'integrité de mes petits.

Écrit par : Line | 15 février 2011

Il y a une grande différence entre l'acte criminel et le criminel.
Il me semble qu'aujourd'hui, la haine qu'on vouait aux hérétiques et aux sorcières autrefois est reportée contre les pédophiles. Chacun se sent un bon droit absolu de jeter la pierre contre un homme dont on ne sait rien si ce n'est qu'il aurait fait ou même qu'il a commis des actes répréhensibles. On ne sait pas si un seul enfant a été visé ou plusieurs mais ce qui est sûr, c'est qu'il est rejeté avec virulence dans son entièreté.
Si des adultes reportent sur un homme d'Eglise une confiance absolue, c'est bien peut-être là le problème. On projette sur cet homme tout notre idéal humain et on se sent trahi s'il ne répond pas à cet idéal. Or,qu'est-ce qu'un prêtre? C'est un homme castré psychiquement dès son entrée en séminaire, souvent à l'adolescence. Là, on peut dire qu'il y a abus de la part de la hiérarchie car comment un jeune homme peut-il savoir vraiment à quoi il s'engage par rapport à toutes les forces sexuelles qui jaillissent à cet âge dans son corps? Alors d'un homme abusé on attend une perfection?
Tout ce jeu de respect absolu face aux prêtres est un leurre. Chaque relation mérite d'être construite et non préfabriquée, y compris celles que nous nouons avec ceux qui ont fait des voeux de chasteté. Bien sûr, on dira que ces voeux sont volontaires, par la raison sans doute mais l'être humain est fait plus d'un inconscient que d'un conscient.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 février 2011

@Marie-France de Meuron . En matière de pédophilie, il est deux raisonnements: celui tourné vers l'adulte et celui tourné vers l'enfant. Pour ce qui est de l'adulte, il consiste à expliquer un besoin naturel d'ssouvissemnt sexuel chez l'humain. Et dans le cas des prêtres, vous retenez que ces derniers sont particulièrement lésés de ce côté. Les relations sexuelles normales entre adultes ne sont évidemment pas condamnables sauf au regard des voeux de chasteté, pour le prêtre. Mais cette discution, à ce propos, n'est pas vraiment le problème ici. Ce que vous refusez d'admettre c'est qu'il s'agit de relations entre enfant et adulte, faits réprimés par la Loi, quelque soit le statut de l'adulte. Et vous devriez comprendre que votre raisonnement finirait par une légalisation de la pédophilie pour "X" raisons.
Les prêtres, comme tout autre adulte, doivent impérativement se tourner, pour ce qui est de résoudre leur appétit sexuel, vers des adultes qui ont le libre choix de consentir ou pas. Ce qui n'est évidemment pas le cas d'un enfant, vous le savez parfaitement. Et c'est bien ce qui fait la gravité du crime d'abus sexuel sur enfant, que nous ne pouvons tolérer, vous et moi, et l'ensemble des adultes dits responsables.

Écrit par : Jean-Claude Ponson | 16 février 2011

J.-C. Ponson,
Pour vous, tout est linéaire "il y a deux raisonnements", soit.... soit...
Or, dans la vie, rien ne peut tenir sur deux pieds. Le troisième pied permet une nouvelle dimension.
Vous m'accusez de "refuser d'admettre" alors que mon propos n'est pas du tout à ce niveau-là. Je regrette que vous ne me compreniez pas mieux.
De toute façon, vous restez dans la généralité et des principes de base. Quelle expérience avez-vous avec des patients violés dans leur jeunesse ou avec des violeurs? A ce moment-là, nous sommes face à des êtres humains et des considérations sur les grandes lignes ne suffisent plus.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 février 2011

@Marie-France de Meuron .
Même si vous pensez que votre jugement est le bon, il faudra bien vous conformer à des règles de société. Voilà pour les généralités. Vous faites référence à vos patients violés dans leur jeunesse. Il est évident que vous ne pouvez plus traiter que le traumatisme. En ce qui me concerne, je suis plutôt dans la prévention, et ce, depuis bon nombre d'années. Ce qui fait que mon expérience en la matière devient sérieuse. Pour ce qui est des violeurs, toujours au regard de mon expérience en matière de prévention, je n'ai encore jamais vu de pédoman guérir, au point d'avoir la force de rejeter ses pulsions. Tout pédoman est un récidiviste en puissance. Raison pour laquelle le traitement, particulièrement contrôlé, reste "à vie".
Contrairement à ce que vous laissez entendre, j'ai beaucoup de considérarion pour l'être humain, et à plus forte raison, pour les êtres sans défense (les enfants) face à la psychopathie.
Vous dites encore " des considérations sur les grandes lignes ne suffisent plus". Il n'existe pas de grandes lignes, dans les cas d'agressions sexuelles sur mineur. Il existe une ligne et une seule : la protection impérative et absolue des enfants. Admettre des dérives au regard d'une prétendue évolution des moeurs, n'est pas acceptable et n'est toujours pas conforme, bien heureusement, aux grandes orientations de notre civilisation. La légalisation de la pédo criminalité ne passera pas, Dieu nous en préserve, jusqu'à la fin de l'humanité.
Par ailleurs, je m'attache à protéger, avant tout, les victimes potentielles ou à écarter les victimes de leur bourreau. Et le seul et unique moyen fiable, pour se faire, est d'écarter de la société, les boureaux, sans aucun état d'âme, tant que ces derniers ne se présenteront pas chaque jour dans des dispensaires, afin de recevoir le soin adapté. Question de priorité des victimes face aux criminels. Un équipement de bracelet électronique pour un suivi GPS sera à instituer, si ce n'est déjà fait.
J'espère que, suite à cette mise au point, vous conviendrez de reconnaître mon expérience en matière de pédo criminalité, même si je ne tiens pas à philosopher sur une question de simple droit, celui de vivre en paix. A partir de là, c'est bien l'agresseur qui doit être visé et non l'inverse. Simple question de logique, mais surtout d'équité.

Écrit par : Jean-Claude Ponson | 16 février 2011

Je suis revenu pour dire simplement à Mr Ponson Bravo et merci pour votre commentaire qui doit amener à la réflexion, plus qu'au rejet...

Écrit par : Pierre NOËL | 16 février 2011

Jean-Claude Ponson,
vous cherchez à ce que je convienne de reconnaître votre expérience en matière de pédo criminalité. Vous avez effectivement des idées bien tranchées avec des affirmations très linéaires "la seule façon est de". Malheureusement, la réalité montre qu'elles ne suffisent pas à éviter tous les cas de pédophilie. Votre idéal "une ligne et une seule : la protection impérative et absolue des enfants." est très séduisant mais dans quelle région est-elle praticable?
Le droit permet de cadrer la société mais pas de faire évoluer les êtres humains en profondeur. Vous avez votre place avec votre expérience mais d'autres plans sont aussi à considérer.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20 février 2011

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