04 février 2011

Journée mondiale de lutte contre la lèpre

Le 30 janvier a été célébrée la 58e journée mondiale de lutte contre la lèpre.

Vous trouverez un compte-rendu de cet événement à Mballing, près de MBour, sur le blogspot de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar


 

L'Hôpital Traditionnel de Keur Massar dans le région de Dakar au Sénégal est une plaque tournante sur le circuit de la lèpre. Dès 1980, il y fut soigné de très nombreux lépreux et leurs enfants fréquentaient l'école de l'Hôpital. Les employés actuels ont tous été en contact avec la lèpre, soit pour l'avoir vécue, soit pour l'avoir soignée, soit pour avoir accompagné un aîné. Ce vécu leur laissa des empreintes très fortes.

Les malades provenaient, entre autres lieux, des villages de reclassement social plus ou moins proches. Ils ont été soignés avec beaucoup de bienveillance et d'efficacité par les traitements à base de plantes, mélanges conçus par des tradipraticiens chevronnés.

Actuellement, il ne reste qu'un seul tradipraticien de l'origine et les disciples des maîtres du début servent l'HTKM depuis environ 25 ans.

Le bacille de la lèpre est de la même famille que celui de la tuberculose, une mycobactérie qui a un cycle très particulier, dont certaines phases peuvent restere cachées puis surgir à nouveau.

La lèpre n'a pas disparu. Au Sénégal, il y a encore des débuts de lèpre qui sont vite pris en charge, comme des taches sur la peau que le patient peut cacher avec des manches longues. Toutefois, dans des zones très reculées, des lépreux n'ont pas accès aux traitements et peuvent atteindre un état handicapant.

Entre ces deux pôles, il y a surtout les « lépreux blanchis », ceux qui n'ont plus de lèpre active mais en conservent les séquelles visibles sur les membres: il manque des doigts, voire des mains entières. Il y a donc un problème social important, d'autant plus que les lépreux, durant les années de calvaire voire d'handicap, n'ont rien pu léguer à leurs enfants. En outre, ils ont été placés à l'écart de la société dès le années cinquante, dans des villages nommés « de reclassement social ».

Il faut rappeler que les lépreux étaient chassés de leurs villages, sauf dans une zone du Sénégal où ils étaient pris en charge par leurs familles et les tradipraticiens.

Ces villages se développent en population mais peu en économie. Ils manquent de tout. De plus, ils souffrent d'être encore mis à l'écart de la population, Il est intéressant de voir que des villageois ont utilisé cette journée mondiale pour avoir un même genre de revendication que les Tunisiens ou les Egyptiens!

C'est dans ce village et celui de Peycouck près de Thiès que l'Association Le GRAMI - Groupe d'Appui pour la Médecine Intégrative - offre des microcrédits ou des subventions pour différents projets conçus par les habitants, dans une optique de développement durable et de leur redonner espoir dans une vie décente.Novembre 2010 102.jpg

 

Plage de MBalling où un pêcheur avec d'autres en contre-bas et à l'autre bout  tirent un filet jeté précedemment dans la mer avec une pirogue. La récolte n'est que de petits poisssons que les femmes viennent prendre à l'arrivée.

(la date réelle de la photo est novembre 2010)

Commentaires

Je tiens à dire des paroles qui me viennent du fond du cœur. Je tiens à dire un grand MERCI au GRAMI cette association que j'ai connu à peine par l'intermédiaire de cette "DAME DE FER" Mme Claude Marie-France de Meuron a fait et continu de faire des actions humanitaires à travers le monde et plus particulièrement dans les milieux les plus pauvres comme en l'Afrique et plus précisément dans les villages de reclassement social qui se trouvent dans pas mal de pays africains notamment le SÉNÉGAL, NIGER etc.Ce qui m'a surtout touché c'est l'accentuation de vos actions sur la santé non pas pour combattre cette maladie (le vaccin contre la lèpre a été découverte depuis pas mal d'année à part quelques cas isolés il ne restes aux lépreux blanchis que des séquelles) mais une médecine intégrative qui permet a ces lépreux blanchis d'avoir accée aux soins à moindre cout si ce n'est pas gratuit. Cette médecine basée sur la pharmacopée locale (cas de la pharmacie traditionnelle de KEUR MASAR)et la méthode d'alimentation a permis à ces anciens hanceniens une nette amélioration dans leur vécu quotidien.
VIVE LE GRAMI
MERCI ET BONNE CONTINUATION

Écrit par : BAMBA DIENG | 24 mars 2011

un très vif merci, Bamba Dieng, pour votre chaleureux message.
C'est important pour nous de lire que nos actions portent de bons fruits chez vous et cela nous encourage à continuer.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 25 mars 2011

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