29 janvier 2011

Quels sens ont les infos de l'ATS?

 

Ce matin, je lis une info dans plusieurs journaux de Romandie: « Un millier de personnes attendent un organe », et s'ensuivent beaucoup de chiffres.




Le nombre en attente, le nombre des décédés, le nombre des donneurs, le % par rapport aux autres années et par rapport aux autres pays.

Une telle info est plus une pub pour Swisstransplant qu'une invitation au débat autant sur le sens de telles infos que sur le sujet lui-même.

Le problème des organes déficients et le fait de se les faire remplacer est une expérience énorme et une interpellation intense pour ceux qui en souffrent, ceux qui les entourent, ceux qui mettent un organe à disposition, les techniciens de toutes sortes qui effectuent le geste et....les assurés qui paient.

Réduire la situation générale avec des chiffres ne dit rien de toutes les réalités que le sujet sous-tend.

Et puis, transformer les mots pour faire passer davantage la pilule auprès du peuple est également sujet à caution. On aime bien attiser le côté généreux du « donneur ». En fait, il s'agit de quelqu'un que l'on mutile consciemment, techniquement, « proprement » mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit s'un choc opératoire important, un manque d'autonomie et une incapacité de travail pour un certain temps. Dans l'entrefilet, il nous est dit: « Le donneur typique en Suisse a 50 ans en moyenne et décède d'une hémorragie cérébrale ». Et tout le reste des effets secondaires n'est même pas suggéré!

Tout cela a un coût énorme et il est tu. Imaginez les entretiens préparatoires, l'opération d'un bien-portant et les suites opératoires. Pour être objectif, les médias romands devraient aussi en parler. En fait, personne n'ose faire la liste des frais a) des entretiens préparatoires, b) de la préparation du greffon d) de l'opération, e) des suites opératoires, d) des effets secondaires, e) de l'arrêt de travail. Idem pour le greffé.

Et puis, à ces personnes qui décident de se faire amputer, leur dit-on vraiment tout ce qu'il peut advenir, non seulement pour eux mais pour les receveurs? Car toute greffe ne tient pas forcément alors faire un pareil don qui est susceptible de finir à la poubelle peut être aussi une retenue.

Si les Suisses sont plus précautionneux, c'est peut-être qu'ils poussent la réflexion encore plus loin. Peut-on vraiment considérer un être humain comme un véhicule à qui on remplace des pièces?

Une anecdote qui en dit un bout sur l'état d'esprit de ce genre d'activité et que j'ai entendu de mes propres oreilles par la mère d'un jeune qui s'était suicidé à 20 ans : « A peine était-il mort qu'une infirmière est venue me demander si mon fils avait exprimé une volonté quant à un don d'organes. J'étais tellement sous le choc que je n'avais pas de quoi répondre. Alors l'infirmière m'a bousculée car elle voulait rapidement une réponse ».

 

Commentaires

D'accord avec vous sur ce sujet, si l'on parle coût on passe pour une personne sans sensibilité aux malheurs de certains, si on veut avancer il faut mettre tous les paramètres sur la table. Mais une chose aussi me met mal à l'aise, le grand argument c'est "un nombre élevé de gens meurent chaque année faute de dons d'organes" mais je ne vois presque jamais "un nombre élevé de personnes sont sauvées chaque année par les greffes effectuées".

Écrit par : graindesel | 29 janvier 2011

J'ai lu un article intéressant, ici sur le même sujet:"Les cueilleurs d'organes sont à l'affût."
Ce paragraphe m'a convaincu:

"Derrière son intention, qui a toutes les apparences de la bonté et de l'altruisme, se cache pourtant un véritable business: les organes sont gratuits mais chaque transplantation fait entrer un pactole dans les caisses des cliniques; en pompant dans les ressources des caisses-maladie. Chaque transplantation crée et booste le marché des médicaments que les transplantés doivent prendre chaque jour, à vie. Des milliards de dollars, d'euros et de francs sont en jeu dans cette industrie de la transplantation. Il en va de même pour les honoraires des chirurgiens transplanteurs entourés de leur suite. Ce rappel du revers de la médaille est politiquement incorrect. Il s'impose néanmoins."

http://lesdissidentsdegeneve.ch/index.php?option=com_content&view=article&id=1069:les-cueilleurs-dorganes-sont-a-laffut-&catid=1:nouvelles-quotidiennes

Écrit par : Edouard Kalterer | 29 janvier 2011

nous sommes en période de votations et élections tout le monde s'en donne à coeur joie pour diffuser n'importe quelle salade d'infos,acidulées ou non,si celles -ci sont couronnées de commentaires celui qui a écrit ce nombre invraisemblables de demandeurs d'organe en suisse aura gagné non pas une coupe ,mais le droit d'avoir été lu,c'est en somme les jeux olympiques des informations en continu,ceux qui y croient se posent moults questions sans réponses optimistes et les autres continuent à se laisser démoraliser ,but du jeu atteint en définitive!
bien à vous et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 29 janvier 2011

M-F tente de détourner l'actualité qui lui est si chère !

Son amour pour le peuple égyptien passe en troisième place !

C'est une forme de guérison !

Écrit par : Corto | 29 janvier 2011

Eh oui, Corto, j'ai plusieurs cordes à mon arc, voire à mes arcs.
Et vous aussi à voir toutes les traces que vous laissez sur de nombreux blogs!
Belle soirée à vous!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 janvier 2011

Un grand merci, Edouard Kalterer, pour ce lien fort instructif.
L'horreur de ce trafic est allée jusqu'à kidnapper des enfants dans des bidonvilles en Colombie pour leur enlever les deux yeux et les restituer à leurs foyers avec, dans la main, de quoi leur payer le pansement...
Dans d'autres pays, une personne se retrouve replacée là où elle fut kidnapppée, avec un rein en moins.
L'être humain est une merveille de la création et n'a pas à être considéré comme un distributeur d'organes.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 janvier 2011

@Marie-France De Meuron,j'ai répondu a votre commentaire sur le blog Cent mot sur la transplantation,je me permets juste cette réflexion au sujet des vaccins,pourquoi ne fait -on pas de bilan du système immunitaire en Suisse avant chaque vaccination commme cela doit impérativement se faire ou du moins qui devrait avant de se faire vacciner pour partir travailler à l'étranger,on parle de laxisme en politique,mais ce dernier n'a que trop tendance à se généraliser!

Écrit par : lovsmeralda | 30 janvier 2011

Lovsmeralda, vous soulevez des sujets de taille!
Effectivement, si nous voulions effectuer une médecine scientifique, nous devrions faire un bilan de l'état immunologique de chacun avant d'injecter un vaccin, et un bilan des anticorps avant le rappel d'un vaccin. Avec le système actuel, on prend quelques précautions – on ne vaccine pas quelqu'un de malade – mais c'est très superficiel. C'est évident que l'injection d'un produit qui n'a pas qu'une toxine ou un virus atténué aura des répercussions dans le corps ailleurs que ce qu'escompte le professionnel de la santé qui l'applique. De plus, pas seulement au niveau du système immunitaire.
Si les homéopathes sont si prudents face aux vaccins, c'est bien parce qu'ils détectent souvent des suites de vaccination et que le traitement appliqué les guérit.
Deuxième sujet de taille : En injectant autant de vaccins depuis quasi la naissance, on façonne le système immunitaire de l'enfant au lieu de le laisser maturer comme il le pourrait. Ainsi, les enfants vaccinés sont plus fragiles que les autres. Lire à ce sujet : « la santé des enfants non vaccinés, par la Dresse Françoise Berthoud, pédiatre, dont un compte-rendu sur : http://www.femme-medecine.ch/index.phpoption=com_content&task=view&id=624&Itemid=142
Evidemment, avec tous les traitements à base de molécules chimiques ou autres, on fait taire les expressions du corps et, quand la maladie organique surgit, on doit employer la grosse batterie. Là effectivement, la médecine scientifique est très utile. Mais avant, pour harmoniser les mécanismes du corps humain, les médecines alternatives ont bien plus de moyens et d'efficacité. Je dirais qu'elles pratiquent la médecine précoce. Ainsi, chacune a sa place et il vaudrait la peine que les praticiens connaissent bien l'envergure de chacune. Il s'agit alors non pas de trier les malades entre graves et pas graves mais de bien définir les problèmes afin de conseiller les patients pour la ou les thérapies les plus adéquates pour l'instant en cours..

Écrit par : Marie-France de Meuron | 30 janvier 2011

Attention :
Ne pas confondre le don d'organes après décés, et le don d'un organe de son vivant !
Deux problématiques bien différentes...

Écrit par : Jean-Louis | 30 janvier 2011

@Marie-France De Meuron,merci pour votre réponse qui va dans le sens de ce que j'espérais ,nous sommes nombreux nés tout de suite après guerre et pouvons juger de la justesse de votre raisonnement!

Écrit par : lovsmeralda | 30 janvier 2011

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