09 décembre 2010

Des étudiants en médecine dévoilent leur anatomie

Tel est le titre de l'article publié dans la TdG du 26.11.2010, sur une 1/ 2 pages, avec deux photos.



Ainsi, soixante-cinq étudiants ont participé à ce projet, avec « des mois d'organisation et de rigolade », « en donnant le meilleur de nous-mêmes », Toute cette énergie et ce temps dépensé pour faire un calendrier. La cerise sur le dessert : la vente du calendrier est en faveur d'oeuvres caritatives mais l'élaboration en soi des photos du calendrier, en faveur de qui ou de quoi est-elle?

« En utilisant l'autodérision, nous avons voulu illustrer les valeurs que l'on prête généralement aux professionnels de la santé.»

Ce que nous pouvons déjà relever, c'est le caractère superficiel de cette action, en ce sens qu'il s'agit d'anatomie visible alors que l'essentiel d'un être humain est bien dans son anatomie cachée. Le fait qu'il s'agisse de photographies démontre qu'on ne s'occupe que de l'aspect visuel de tous ces corps humains.

Or, l'art médical est justement un art de la profondeur, celui qui utilise tous les sens perceptifs et intuitifs du médecin pour capter les pathologies d'un malade, d'un être en souffrance.

Le fait que près de la moitié des étudiants de 3e année consacrent tant de temps à se faire photographier montre que leur intérêt est tourné vers la périphérie. De même, on se donne bonne conscience en destinant la récolte de fonds à des oeuvres caritatives « soigneusement sélectionneés ». Là aussi, on ne pénètre pas dans la réalité des oeuvres caritatives, dans leurs actions quotidiennes auprès d'individus en détresse. On se contente ainsi de l'idée que cet argent est utile mais on ne paie pas de sa personne. Se laisser photographier est bien plus passif que de passer des journées à trouver des solutions ou à partager le vécu de ceux qui font recours aux oeuvres charitables.

Autre argument : « illustrer les valeurs que l'on prête généralement aux professionnels de la santé ».

Là aussi, il s'agit de jugements de valeur que l'on prête à ce qui apparaît des professionnels de la santé. Décortiquer le regard des autres sur nous permet là aussi de rester en périphérie de soi alors que retourner le regard sur soi permet une connaissance bien plus vaste.

« connais-toi toi-même et tu connaîtra l'univers » disait un grand sage grec. Chaque être humain est un univers et, si on veut le soigner, il est nécessaire de pénétrer à l'intérieur de cet univers.

 

Commentaires

Chère Madame,

Votre blog sur l'initiative originale et humoristique des étudiants en médecine, mis à nus ou presque dans un calendrier, relève plut^t d'un esprit chagrin qui pourrait émaner de "Mal être de soir" plutôt que de "Bien être de soi," votre pseudo habituel.
Quoi, ces étudiants acceptent de consacrer de leur temps libre à confectionner un calendrier aux photos belles et artistiques, dans un esprit d'auto dérision sympathique, avec un érotisme subtil,et pas mal d'humour, et vous opposez à ce défoulement sympathique et juvénile un esprit chagrin et ratiocineur...?
Avez vous donc une dent contre l'institution et ceux qu'elles forment? Pourquoi ce déferlement de critiques, sans un point positif?
Vous allez jusqu'à vous en prendre au caractère caritatif de cette action, de façon bien mesquine, sans tenir de l'engagement de ces étudiants, qui se révèlent ainsi bien différents de l'esprit carabin un peu lourd que nous avons connu parfois...J'ai reçu ce calendrier, et ses notes de fraîcheur artistique m'ont plu, en démontrant un travail sérieux et bien construit.
Dommage que lorsque la Faculté, ou certains de ses membres, font un effort pour sortir de leur tour d'ivoire traditionnelle, la seule réponse ne soit qu'un dénigrement injuste et peu objectif.
Reste à ce calendrier, par son succès, à vous démontrer que vous êtes bien seule dans votre tour pleine de toiles d'araignées.

Écrit par : JM Guinchard | 11 décembre 2010

Monsieur J.-M. Guinchard, je présume que vous êtes le juriste au service de l'Association des Médecins de Genève. Est-ce en votre nom que vous réagissez ou pour protéger les médecins?
Votre façon de vous confronter à ma personne plutôt qu'à mes arguments montre à quel point soit vous ne percevez pas l'enjeu soit il touche trop dans le mille. En tous cas, votre qualité de « bonne capacité de négociation avec des partenaires sociaux » que vous mentionnez dans votre site personnel n'apparaît pas.
Vous soulignez « le travail sérieux et bien construit du calendrier ». Ce sont plutôt les photographes et l'imprimeur qui font le travail artistique. Les étudiants apprennent à poser. C'est là que je suis convaincue qu'il s'agit d'une activité superficielle qui ne touche que l'extérieur des corps et qui est bien loin des exigences de formation qui permettent d'acquérir l'art médical. Je ne doute pas de l'engagement de ces étudiants, je déplore qu'il soit ainsi dirigé. Il serait intéressant d'avoir l'avis des 75 autres élèves de la 3e année qui n'ont pas participé à l'élaboration de ce calendrier.
Quand on voit tous les problèmes auxquels est confronté la médecine académique actuelle – que ce soit son coût toujours plus exorbitant dû à sa technicité entre autres, la pollution de l'eau qu'elle génère, sa trop grande dépendance aux lobbies pharmaceutiques ou encore sa très fréquente limitation au corps physique - je pense effectivement que d'autres activités annexes peuvent être bien plus formatrices et caritatives que de poser comme des mannequins.
Je suis surprise aussi de lire que vous généralisez au point de responsabiliser « l'institution qui les forme » ou « la Faculté » de cette action estudiantine gérée par de jeunes adultes responsables.
Le côté rapide de votre réaction vous fait confondre « bien-être-soi » et « bien être de soi ». Que ce dimanche vous permette de méditer sur la différence!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 décembre 2010

Cher Monsieur Guinchard,

Il est étonnant, pour un lecteur, de voir que vous répondez à un questionnement sérieux par des attaques personnelles et des jugements de valeur simplistes!

Pour être lecteur régulier de Mme de Meuron, il me semble justement qu'elle prend le temps d'une distance pertinente. La médecine et la santé sont confrontés à une crise indéniable, et Mme de Meuron essaie justement de montrer la complexité de la situation, et de l'être humain.

Que vous ne soyez pas d'accord avec ce qu'elle écrit est votre droit, mais pas celui de répondre par des attaques gratuites et populistes. Essayez plutôt de vous attacher, pour voir, au fond de son analyse. Le débat en sera d'autant plus stimulant pour vos lecteurs!

Merci et bonne journée.

Écrit par : y.d. | 14 décembre 2010

Monsieur,

Au vu de l'actuelle crise que traverse la médecine telle que pratiquée dans les pays industrialisés, je trouve vos propos bien légers et superficiels. Comment osez-vous mettre en avant "un défoulement sympathique et juvénile" de la part d'étudiants en médecine, desquels on espère plutôt une sérieuse remise en question de l'esprit même de la médecine actuelle. Vos propos indiquent que vous ne mesurez absolument pas l'étendue croissante des doutes et du septicisme de la population à l'égard de cette médecine-là. Doutes encore alimentés par la récente gestion catastrophique de la soi-disant pandémie du virus H1N1 par l'OMS, dont personne ne peut oublier que les grands gagnants ont été les laboratoires pharmaceutiques. Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt dit le proverbe. Alors, cessez de faire l'autruche et acceptez les saines remises en question, tout système figé étant voué à la mort, comme vous devriez le savoir si vous connaissez un tant soit peu les mécanismes du corps humain. Un calendrier artistique, pourquoi pas ? Mais pas quand le village brûle ! Il me semble que c'est vous qui vivez dans une tour d'ivoire. Vite, un plumeau pour dépoussiérer tout ça ! Avec une bonne dose de courage, de lucidité et de modestie pour la suite de vos réflexions, c'est tout le bien que je vous souhaite. Et merci à Mme de Meuron de mettre le doigt sur le fond des problèmes. Puisse la médecine et tous ses représentants en faire de même !

Écrit par : corinne | 15 décembre 2010

Tout ce pataquès pour une activité jeune, sympathique et humoristique !
N'avez-vous vraiment rien d'autre à faire de plus important que de publier une feuille pareille ? Soignez vos patients, chère Doctoresse !

De tout temps, les étudiants de toute faculté prennent un peu de leur temps pour se faire plaisir. Il n'y a pas de mal en soi et cela n'empêche pas ces futurs médecins de travailler dur et par la suite d'être de bons ou de mauvais médecins. Un calendrier ne change rien à leurs études, à leurs manière d'approcher cette science, ne vous en déplaise.

Laissons vivre la jeunesse. Si ce calendrier ne vous plait pas, il ne vous est pas nécessaire de l'acheter. Et croyez moi, il y a bien plus important dans la vie.

Écrit par : toto | 15 décembre 2010

Toto, si vous prenez la peine de réagir, c'est que l'enjeu est bien plus grand que ce que vous aimeriez transmettre.
En fait, la formation d'un médecin ne vient pas seulement du programme décidé par la faculté mais aussi par les expériences personnelles qui nous plongent dans des épreuves intenses.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 décembre 2010

Bravo et merci Corinne de nous décrire avec un tel réalisme l'ère que nous vivons et qui nécessite l'engagement profond de chacun pour obtenir une réelle mutation.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 décembre 2010

Du moment que c'est pour une bonne cause ;-)

Écrit par : Lingerie | 22 juillet 2011

Lingerie,
Vous répondez bien légèrement en paraphrasant la sentence "La fin justifie les moyens" dont l'auteur serait Machiavel. Vous apportez donc une définition machiavélique!
Il vaut la peine de se pencher dessus et vous trouverez dans Google 4 400 000 articles qui la traite.
Une définition : Si le but à atteindre est suffisamment important, il peut justifier des méthodes peu orthodoxes, voire illégales ou brutales.
http://www.linternaute.com/proverbe/528/la-fin-justifie-les-moyens/
http://www.expressio.fr/expressions/la-fin-justifie-les-moyens.php
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20090517143830AAZjQoX

Chaque instant a sa valeur et n'a pas à être hypothéqué par un résultat.
Il est vrai qu'actuellement, on sacrifie beaucoup pour un résultat et particulièrement sa santé, son aspiration profonde ou ses relations humaines.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24 juillet 2011

@Marie-France de Meuron,a trop vouloir comprendre le fonctionnement de l'espèce humaine peut-être qu'en cherchant la photogénie,ces étudiants ont voulu prouver qu'ils étaient de simples humains et non des machines ce que beaucoup ont tendance à oublier surtout pour ceux clamant qu'un* généraliste n'est pas rentable* ou alors comme un dentiste envoyant une patiente carrément aux fraises ,y'avait qu'à enlever vos dents plus jeune,tout le monde déraille la médecine aussi seule certitude!la personne est âgée de 66 ans,c'est simplement honteux aucun terme pour désigner un accueil qui sera réservé aux futurs jeunes si cette décadence continue rappelant l'accueil fait a ceux jugés comme pestiférés en 1920 déjà!
Quand au calendrier il faut bien concurrencer l'agriculture et les pompiers surtout en France qui ont innové ce nouveau genre et qui peut en choquer certains cela peut se comprendre aussi!
tout bon dimanche à Vous

Écrit par : lovsmeralda | 24 juillet 2011

Merci, Lovsmeralda, pour votre visite toujours bien personnalisée.
Je ne suis pas d'accord avec vous quand vous déclarez que " peut-être ces étudiants ont simplement voulu prouver qu'ils n'étaient que de simples humains".
Il n'y a pas de simples êtres humains. Chacun est un microunivers avec des potentiels inouïs. Ces étudiants ont copié sur d'autres en investissant temps et énergie dans une action superficielle. On attend des médecins qu'ils apprennent à devenir des responsables de l'art médical et non de simples poseurs pour des photos. Même étudiants, ce ne sont plus des gamins.
Belle journée à vous aussi!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24 juillet 2011

Des fois il ne faut pas chercher à comprendre... Le monde est étrange.

Écrit par : Modatoi | 07 septembre 2011

A l'heure des reseaux sociaux, où l'on ne sait pas ce que va devenir une photo postée sur Facebook ou twitter, cela peut être problématique pour plus tard

Écrit par : lingerie | 02 novembre 2011

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