12 juillet 2010

Evolutionnisme, créationnisme et....perceptionnisme

Je suis vivement reconnaissante à tous les commentateurs qui se sont engagés consciencieusement à donner leurs avis sur ma note précédente. De plus, ils ont pu démontrer qu'un débat peut être dynamique, aimable et sans porter atteinte à l'intégrité d'autrui.


 Les arguments étant variés et denses, je vais tenter de prendre le regard de l'aigle afin de présenter une vue d'ensemble!

Nous n'avons jamais rien assis sur deux pieds: le moindre siège présente aux moins trois appuis, la plus petite des familles repose sur un père, une mère et un enfant. Même notre gouvernement comprend trois structures.

Qu'en est-il du système apparemment binaire « évolutionnisme-créationnisme »? Il tend un élastique entre deux extrémités, l'une toute de raisonnements et mesures techniques, l'autre d'une foi religieuse absolue. Notez que sous certains aspects, ils se rejoignent : en effet, ils peuvent devenir doctrinaires tous les deux!

Alors, entre deux, qui vient danser? Le perceptionnisme!

Lêtre humain est fait d'un raisonnement mais aussi de sens perceptifs qui lui permettent d'appréhender l'univers. De même que le raisonnement s'affine, l'usage des sens peut aussi se perfectionner et permettre à des individus de capter des éléments bien plus finement qu'un appareil, aussi sophistiqué fût-il. Dans notre monde occidental, il est évident que prévaut le raisonnement pur et dur. Dans d'autres ethnies, c'est l'inverse : la perception est capitale.

Evidemment, si on fait référence au perceptionnisme seul, il peut amener à des dérapages, soit que le sens soit émoussé, soit que la traduction des perceptions dans une culture donnée trahisse la signification des vibrations perçues.

Un sain raisonnement pourra alors confirmer ou infirmer le message mais il faut tenir compte que le raisonnement n'a peut-être pas toute sa maturité, de même que d'éventuels systèmes techniques de mesure. En connaissant ces limites, on ne tombera pas dans une affirmation arrogante.

A l'autre extrémité, la foi peut soit donner la confiance qu'il y a une vérité, soit enfermer les perceptions dans des dogmes préétablis.

Comme quoi nous avons besoin des trois systèmes pour capter les mystères de l'univers!

Commentaires

Honnêtement, Marie-France, je me serais plutôt attendu à ce que vous parliez d'une forme d'intuitionnisme, c'est à dire d'une confiance accordée au sentiment. Car on ne peut pas nier que les machines améliorent, développent et affinent la perception. Les ethnies dites "premières" regardent le monde par les yeux du rêve, c'est à dire d'images nées du sentiment, et c'est ainsi que les figures mythologiques se créent, je pense. Teilhard de Chardin, en ayant le sentiment que l'univers ne peut pas être absurde, ni la conscience être enfermée dans des crânes humains sans avoir ni origine ni destination, a développé des hypothèses qui vont plus loin que la perception. Je suis un peu surpris, car la perception objective est la base de la démarche expérimentale de la science actuelle. Conformément à ce qu'a énoncé Descartes, la science actuelle refuse la spéculation intellectuelle sans base dans une perception dont on puisse faire l'expérience.

Écrit par : RM | 12 juillet 2010

Bonjour Rémi,
J'ai envie de vous répondre mais ce n'est pas évident! Ca ne va être qu'une approche!
Pour moi, il y a les instruments de perception qui, dans l'homme, sont les sens qui peuvent devenir toujours plus subtils. Ces instruments peuvent être aussi construits techniquement maia auront alors toujours une longueur de retard sur les sens les plus développés par certains hommes.
Ce qui, entre autres, développent ces sens est une qualité d'attention et de présence de plus en plus aiguë.
Ensuite, il y a ce qu'on capte avec ces instruments: une perception globale ou une perception très précise qui fuse comme si le sens avait capter une vérité-fusée qui passe, ce que j'appellerais une intuition.
Dans une spéculation intellectuelle, il y a toujours une parcelle de vérité, un peu comme il n'y a pas de fumée sans feu. Dans ce cas, la recherche est nécessaire pour détecter de quoi est fait le feu.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 juillet 2010

Je suis un peu perplexe, Marie-France. Les visionnaires et même l'Eglise catholique lorsqu'elle évoque les visions des saints, ont plutôt l'air de parler d'une intuition passant par l'âme, le sentiment mystique, comme d'un pressentiment des choses qui n'apparaissent pas aux sens même les plus subtils. Un peu comme quand on sent qu'on est regardé par quelqu'un qu'on ne voit pas. Ou quand on sent en soi la présence d'une personne aimée. Mais cette acuité sensorielle supplémentaire dont vous parlez, je ne sais pas, c'est peut-être lié à l'absoprtion de substances qui décuplent les pouvoirs des sens. Mais les machines remplissent bien le même office, j'ai l'impression.

Écrit par : RM | 15 juillet 2010

Bonjour Marie-France,

La perception est un outil que j'utilise de plus en plus dans mes activités d'enseignant et de thérapeute comme étant un lien entre la sensation et la conscience. Si comme certains physiciens l'affirment, la conscience se situe dans un autre univers que le nôtre, alors le problème est d'y accéder. Par cet accès, l'objectif est de faire changer le cours de notre vie. En effet, pour modifier une forme de corps, certaines formes toniques inadaptées ou des conduites pénalisantes, il faut pouvoir changer profondément des fonctionnements de notre corps qui s'effectuent de façon inconsciente.

Peu de gens perçoivent la difficulté qu'il y a à connaître la façon que notre corps à de se tenir, de même que celle de construire ou d'inventer un mouvement nouveau. Dans le domaine du sport, des individus particulièrement doués réussissent, semble-t-il, sans faire ce travail mais il me semble illusoire de changer durablement des erreurs posturales sans passer par ce travail ingrat qui est de construire une interface entre une sensation brute, pourtant difficile à maîtriser, et une conscience qui permettrait d'ajuster ses conduites.

Ce travail est finalement ce troisième pied que vous décrivez entre la foi et la connaissance qui serait celui de l'expérience personnelle. Ainsi, rien de ce que nous croyons ou de ce que nous pensons savoir ne devrait échapper au filtre de l'expérimentation personnelle. Il n'est pas certain que cela déboucherait sur LA VÉRITÉ, mais cela permettrait de nous mettre en cohérence avec le monde.

Cordialement

Christian

Écrit par : Christian Portal | 15 juillet 2010

bonsoir Christian,
J'apprécie beaucoup votre commentaire qui vient de votre expérience profonde, tant en vous qu'avec d'autres personnes.
Vous mentionnez aussi qu'il faut passer par le corps pour accéder à de nouveaux niveaux de conscience. Il est vrai que notre corps est d'une complexité extraordinaire qui dépasse tous les appareils techniques pour autant qu'on sache l'utiliser et qu'on le pratique très régulièrement, ce qui n'est plus le cas dans notre culture occidentale, sauf parmi des milieux restreints.
A suivre!
Bien cordialement
Marie-France

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 juillet 2010

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