27 juin 2010

L'hétérogénéité des thérapeutes alternatifs

Le commentaire de Fatima sur ma note « les médicaments mal prescrits aux aînés » m'a suggéré ce nouveau billet à la suite de la comparaison entre les soins prodigués en Suisse et ceux reçus en Asie.


 Fatima soulève un sujet très important : l'état d'esprit dans lequel un traitement est prescrit.

En Suisse, la médecine utilisée en majorité et qui, de plus, a souvent la force du droit, est déterminée par l'esprit cartésien qui sévit dans notre culture et qui inspire les sciences pures à la base de la pratique médicale actuelle : la biologie, la statistique et la génétique. Ces sciences focalisent sur un sujet spécifique.

Il en va tout autrement en Asie où la culture est encore très distincte de la nôtre, même si celle-ci tend à l'envahir, et dans laquelle baignent les praticiens.

Ainsi donc, l'acupuncture ne sera pas dissociée de la Médecine Traditionnelle Chinoise alors qu'en Europe, vous trouverez des thérapeutes posant des aiguilles sans grande conscience de la vastitude de l'esprit traditionnel qui sous-tend pareille pratique. D'aucuns les nomment « picothérapeutes »

Notez qu'il y a quelques temps, nous concevions aussi la médecine comme faisant partie d'un tout :

« Je pense et Dieu guérit ». Ou encore, à un niveau plus pragmatique, on ne pratiquait pas l'homéopathie sans avoir lu le livre source de Samuel Hahnemann : « l'Organon, la science et l'art de l'homéopathie » et sans s'être imbibé de la philosophie sous-jacente. Les granules homoéopathiques ne devraient jamais être prescrits selon un organe ou une maladie mais toujours en similitude avec l'ensemble des symptômes qui correspond à la façon dont le patient vit son déséquilibre de santé. La répétition des remèdes obéit aussi à des lois très précises qui, malheureusement, sont souvent méconnues : on utilise les lois de la médecine conventionnelle qui obéit à des lois biochimiques alors que l'homéopathie suit des lois énergétiques. Par exemple, dès qu'un remède agit, dans un sens ou dans un autre, il faut l'arrêter et ne le reprendre que si les symptômes reviennent. De plus, si la situation stagne malgré la répétition du remède, c'est qu'il est temps de changer de remède. Il faut savoir aussi que lorsque l'on répète un remède de façon inappropriée, on émousse son effet.

Il manque aussi très souvent chez nous la notion de parcours quant aux processus biologiques : on voudrait être guéri tout de suite et à moindre frais. Dans une culture traditionnelle, on sait que le corps et l'âme ont un rythme à respecter et une spécificité propre; ainsi, on ne prendra pas un médicament parce qu'il est remboursé par les caisses maladie mais bien parce que c'est celui-là même dont mon corps a besoin.

En médecine alternative, la formation de l'individu qu'est le praticien est tout aussi, voire même bien plus importante que sa formation technique. De plus, un praticien alternatif a souvent plusieurs formations techniques car elles se chevauchent toutes. Encore trop souvent chez nous, un thérapeute qui a obtenu un succès surprenant avec une technique a tendance à vouloir tout résoudre avec ladite technique. Il mesure mal les limites de ses moyens et c'est alors qu'un temps précieux est perdu.

 

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