11 janvier 2010

UN VACCIN CONTRE LA NICOTINE

Le National Institute of Drugs Abuse, le NIDA, vient d'octroyer 10 millions de dollars pour des essais cliniques de phase III pour un vaccin contre l'addiction à la nicotine, NicVax. Celui-ci est sensé stimuler le système immunitaire contre la nicotine, ce qui bloque le système de récompense.

(Tribune Médicale du 4.12.2009).


 La directrice du NIDA s'est dite convaincue que le vaccin serait une nouvelle voie de traitement des addictions. Qu'en penser?

Par une telle voie, on atteint un niveau biologique du mécanisme de la nicotine sur tout un organisme. On ne touche pas à toute la dimension intra-psychique de l'individu qui a besoin de fumer, qui ne supporte pas un sevrage ou qui se retrouve dans un milieu social de fumeurs.

Ainsi donc, la biologie prend une place énorme, tant dans les espoirs qu'on fonde sur elle que par les sommes qu'on lui attribue. En effet, les 10 millions de dollars octroyés à une seule firme atteint un niveau sans pareil.

C'est faire fi que l'art médical est complexe et que plusieurs démarches thérapeutiques sont nécessaires pour soutenir une personne à sortir non pas seulement d'une addiction mais d'un système addictif. En effet, trop souvent une addiction est remplacée par une autre ou alors par un mécanisme psychologique pathologique.

D'autre part, NicVax ne peut que traiter une addiction très spécifique. Si les millions de dollars étaient destinées à des démarches thérapeutiques globales, ce serait d'autres dimensions de l'être humain qui pourraient être équilibrées sur la même lancée. De plus, il vaut toujours mieux des démarches qui permettent aux patients de devenir plus conscients d'eux-mêmes, ce qui leur permet de garder une souveraineté certaine sur leur existence.

De plus, les vaccins font leur travail là où l'étude biologique le veut. Toutefois, celle-ci compte sur un organisme fonctionnant normalement. Or, un organisme peut avoir des failles enzymatiques, immunitaires ou autres qui font qu'il ne répondra pas forcément de la façon escomptée. En outre, un organisme capte un produit vaccinal dans son entièreté et le produit peut se diriger là où les chercheurs ne l'ont pas prévu, d'où des effets secondaires ou des maladies iatrogènes.

 

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