15 novembre 2009

Connaissez-vous Peycouk ?

Un comité des Aînés vous y accueillera si vous désirez connaître leur histoire, leurs séries d’épreuves, leur foi en la vie.


La rencontre se fait par une poignée de main aux doigts mutilés par la lèpre.

Le village de Peycouk fut fondé dans les années 1950 en vue de soigner les lépreux. La chimiothérapie les a blanchis en passant par des effets secondaires très pénibles. Dans les années quatre-vingts, Mme Pr et Dr Parès et des tradipraticiens africains de haut niveau les ont soignés et guéris.

Actuellement, ce village de 2500 âmes, dont le dixième de mutilés, vivent sur 1 km2, 750 enfants à l’école, 68 au jardin d’enfants et environ 500 sur le dos de leurs mères. Parmi ces enfants, 42 sont orphelins.

Pas d’assurance invalidité.

Beaucoup de mal ou sous-nutrition, de paludisme et de diabète.

Chaque malade a eu droit à une parcelle de 20m2 mais pour récolter, il faut 3 mois de frais d’eau.

Il y a un manque flagrant de projets pour les femmes et les jeunes sortis de l’école.

Tout cela m’est conté posément et clairement par les Anciens qui ont appris qu’il est inutile de se plaindre ou de revendiquer mais qu’il s’agit simplement de chercher la fissure  par où passer, la lumière à percevoir au bout d’un tunnel qui semble interminable.

Commentaires

Salut Marie-France. Enfin de retour sur le blog ... ou j'ai dû manquer une page par absence. "... inutile de se plaindre ou de revendiquer, mais qu'il s'agit simplement de chercher la fissure par où passer, la lumière à percevoir au bout d'un tunnel qui semble interminable". Magnifique phrase. Nous devrions en prendre la graine ...
Non, je ne connais pas Peycouk, mais je suis ivre de savoir. Et s'il se trouvait au Sénégal ?

Écrit par : Etoile de Neige | 15 novembre 2009

Merci, Etoile de Neige, de souligner la puissance de l'intériorité de ces hommes qui ont passé par l'épreuve de la lèpre et qui s'en sont sortis avec des mains mutilées mais un coeur tellement vibrant.
Peycouk se trouve effectivement au Sénégal, aux abord de Thiès.
Hier, j'ai visité un autre village où sont aussi logés des PVS, abréviation locale signifiant: "Personne Vivant Seule". Alors que la notion de famille est très importante ici, ils ont été chassés de chez eux à cause de leur maladie et se retrouvent seuls des décennies après, sans doigts ni orteils si ce n'est sans jambes pour plusieurs d'entre eux.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17 novembre 2009

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