12 octobre 2009

POLLUTION MEDICAMENTEUSE: UNE VISION ELARGIE

Mme Pr et Dr Parès attire l'attention sur une autre dimension de la pollution médicamenteuse, la dimension vétérinaire.

Espérons qu'avec nos tout-récents élus, le problème sera sérieusement pris en main!


 On a pris récemment conscience de la pollution de l'environnement et de l'eau par les médicaments chimiques de la médecine officielle, qualifiée dans de nombreux pays de « médecine moderne » et, à ce titre, parée de toutes les vertus.

Mais on oublie qu'il existe la médecine vétérinaire qui, elle aussi, utilise les molécules de synthèse de l'industrie pharmaceutique.

Pour la médecine animale, deux cas sont à considérer:

  • Le premier concerne les soins apportés aux troupeaux des fermes et aux animaux de compagnie. Il est bien de leur venir en aide lorsque la maladie les frappe. Mais si la fin se justifie pleinement, les moyens ne sont plus à recommander car ils contribuent pour leur part à la pollution de la planète. Si l'on imagine l'ampleur de la population animale ainsi traitée en Europe, le phénomène est loin d'être négligeable.

  • Le second cas est beaucoup plus préoccupant car il résulte de ce qui peut être qualifié de « fausse médecine vétérinaire » et qui se pratique dans les élevages industriels où des conditions de vie indigne sont infligées aux animaux.

Qu'il s'agisse de bovidés, de porcins, de volailles, de poissons divers, le taux de pollution s'accroît dangereusement. Ces populations animales fragilisées reçoivent en quantité médicaments chimiques, antibiotiques....sans compter les vaccins qui leur sont imposés.

Lorsqu'il s'agit de populations terrestres, les eaux uséees vont polluer essentiellement les rivières, les cours d'eau et les fleuves, sans oublier la contamination par infiltration des nappes souterraines.

 

La situation est différente lorsqu'il s'agit de l'aquaculture. Les océans connaissent alors une contamination permanente. Un fait concret permettra de comprendre la gravité du phénomène:

Dans un archipel du Chili, l'élevage des saumons commencé au début des années 1980 comportait, en 2007, 550 fermes aquicoles. Une ONG, inquiète des répercussions sur l'environnement, a pu démontrer que 385 tonnes d'antibiotiques avaient été utilisées cette même année, sans compter les médicaments chimiques venant en supplément.

Ainsi, 385 000 kilos de molécules antiinfectieuses avaient transité dans ces élevages contre nature. Quelle quantité avait ensuite pollué les eaux de l'Océan Pacifique Sud?

En 2007-2008, un virus responsable d'une grave anémie a décimé les saumons, les survivants ayant ensuite connu un triste sort. On envisage, comme seule réaction, d'implanter en d'autres lieux, de nouvelles fermes aquicoles.

L'élevage des saumons pratiqué en Norvège avait utilisé la même année environ 650 kilos d'antibiotiques. Quant aux élevages implantés au Canada, en Grande Bretagne et en France, les chiffres ne sont pas connus. Mais la pollution ne s'en exerce pas moins, à des niveaux plus ou moins intenses, dans les mers du Nord et l'Océan Atlantique.

 Durant les vingt années écoulées où s'est pratiquée l'aquaculture, à quel niveau a pu s'élever le taux de pollution? Quels méfaits en ont déjà résultés?

Ce constat montre que toutes les eaux douces ou marines ont été contaminées par l'inconscience et l'avidité des hommes. Toutes les formes de vie aquatiques voient sans cesse se modifier leurs conditions d'existence. Combien de temps se perpétuera encore ce redoutable phénomène?

Ainsi la Terre, belle et précieuse, a été saccagée dans tous ses éléments par des hordes barbares ayant pour idole l'ARGENT avec la puissance qu'il confère.

Comment mettre fin à une telle situation qui conduit au désastre? La première démarche serait le retour de la médecine vétérinaire vers les ressources qu'offre les flores médicinales, la seconde serait de renoncer à ces élevages si pernicieux.

 

Mais le remède est aussi dans l'âme des peuples qui devraient retrouver une vision noble de l'Univers ainsi qu'un sens élevé à donner à la vie, quel que soit le chemin qui le porte.

Il y aurait aussi nécessité de revenir à une juste sobriété qui permettrait le bien-être des végétaux, des animaux et des humains.

Où trouver des personnalités charismatiques qui mobiliseraient les consciences et déclencheraient les initiatives dont l'urgence ne fait que croître? Ceci, avant que des cataclysmes destructeurs n'obligent ensuite à rebâtir sur des bases qui, pour l'instant, demeurent imprécises.

 

L'humanité aura-t-elle la sagesse de réagir en un temps où tout n'est pas encore définitivement perdu, où l'espoir est encore permis?

 

Le 28.08..09

Dr Yvette Parès

Professeur à l'Université de Dakar de 1960 à 1992

Dr ès-science

Dr en médecine

Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992

Directrice de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

 

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