28 septembre 2009

LES TRAITEMENTS TRADITIONNELS DE LA LEPRE, AU SENEGAL

Mme Pr et Dr Parès nous indique les phases de traitement de la lèpre. Lorsque le sida est arrivé, les tradipraticiens ont utilisé leurs expériences avec la lèpre pour concevoir des traitements pour les sidéens, avec un franc succés


 La médecine africaine connaît la contagiosité de la lèpre, de même que la complexité de ses manifestations. Elle déploie ses efforts thérapeutiques en de multiples directions. Des traitements sont disponibles pour toutes les formes de lèpre, toutes les lésions et désordres y compris les troubles psychiques. De nombreuses médications administrées par voies internes et externes permettent de s'adapter aux situations cliniques. Il est remarquable aussi que des traitements spéciaux aient été étalaborés pour les femmes enceintes et que les enfants bénéficient de traitements curatifs et préventifs.

La maîtrise de toutes ces thérapies nécessite une longue formation, ainsi que des connaissances approfondies sur les vertus des plantes, les associations synergiques et complémentaires, les propriétés nouvelles conférées par certaines associations ou mode de préparation.

Le rétablissement d'un organisme souvent très éprouvé et porteur de lésions graves demande de la part du praticien et du patient, une longue persévérance. Mais au terme de ces efforts, la santé revient , l'aspect physique est transformé, une vie normale peut être envisagée. Ces réalités ont été observées maintes fois à l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar.

 

 

LES ETAPES DE LA THERAPIE

 

La thérapie antilépreuse se déroule en plusieurs étapes:

  1. Le traitement d'attaque

Il comporte une forte purgation contrôlée dont le but est l'élimination des toxines bactériennes et tissulaires accumulées au cours de la longue incubation puis de l'évolution de la maladie. Elle est arrêtée le moment venu, à l'aide d'un verre d'eau fraîche.

  1. Le traitement préliminaire

Il comprend des préparations toniques destinées à relever l'état général. Il est de courte durée mais porte rapidement des fruits.

  1. Le traitement de fond

Il s'effectue avec un changement périodique de médications, environ tous les six mois. On évite ainsi toute accoutumance des germes et les patients sont encouragés par le changement de goût des médicaments.

En particulier, au Sénégal, avec la saison des pluies, apparaissent pour une courte durée, des plantes herbacées antilépreuses qui entrent alors dans des compositions nouvelles.

  1. Le traitement final

Il est destiné à consolider les traitements acquis.

  1. Le traitement de sécurité

De courte durée, pour éviter les risques de rechute, il met fin à la thérapie.

 

 

LES ACTIONS DES PREPARATIONS MEDICAMENTEUSES

 

Les préparations médicamenteuses agissent sur l'agent pathogène et tous les aspects de la maladie lépreuse. Elles assurent aussi l'élimination des toxines, ce qui évite le risque des « réactions lépreuses ».

Leurs vertus sont les suivantes:

  • action antimycobactérienne

  • action tonique

  • action dépurative

  • affaissement des lépromes

  • recoloration des taches cutanées

  • normalisation de la peau (très rugueuse)

  • disparition des paresthésies

  • retour progressif de la sensibilité cutanée au froid, au chaud, au tact, à la douleur

  • régression partielle des paralysies et récupération progressive d'un bon tonus musculaire

  • action antinévrite

  • disparition des oedèmes

  • guérison des ulcérations

  • amélioration des lésions osseuses

  • prévention des mutilations

  • prévention des réactions lépreuses

  • cicatrisation des maux perforants plantaires

  • traitement des troubles psychiques

 

Ce bref exposé permet d'appréhender la richesse des traitements antilépreux de la médecine traditionnelle au Sénégal et leurs réponses aux différentes manifestations de la maladie.

 

CONCLUSION

 

Une question vient à l'esprit: quelle est l'origine de ces vastes connaissances dont la perfection ne peut que surprendre?

 

 

Le 17.09.2009

 

Dr Yvette Parès

Professeur à l'Université de Dakar de 1960 à 1992

Dr ès-science

Dr en médecine

Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992

Directrice de l'Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

 

Commentaires

MERCI POUR CES INFOS QUI NOUS DONNENT ESPOIR!

Écrit par : Ndoye Gorgui | 28 septembre 2009

Oui, nous pouvons avoir confiance dans de tels praticiens africains comme par exemple les collaborateurs de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar qui est reste fidèle à sa mission depuis 1980 et qui comprend des praticiens chevronnés virtuoses dans la thérapie contre la lèpre. Même si leur jardin botanique leur fournit beaucoup de plantes, certaines sont cherchées dans la brousse à la bonne saison. Mme Parès en a recensé environ deux cents qui permettent de créer des polythérapies adaptées aux patients, qu'ils soient enfants ou femmes enceintes et selon le degré de la maladie. Chaque thérapeute a aussi son infirmier très dévoué.
L'Hôpital de Keur Massar a aussi très à coeur d'offrir ses soins dans les deux villages de lépreux les plus proches et d'y aller chaque quinzaine pour soigner les couples mère-enfants afin que les petits ne développent pas la maladie.
Toutefois, pour assumer un tel projet, ils ont besoin de soutien financier.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 septembre 2009

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