26 septembre 2009

LA LEPRE DES ENFANTS

Je viens partager avec vous mes découvertes de la lèpre, sur les pas de Mme Pr et Dr Yvette Parès,  avant de me rendre en novembre au Sénégal dans les villages de lépreux.

Les lépreux sont considérés comme des punitions divines, ce qui n'arrange en rien leur santé.


 Les enfants nés de parents lépreux sont certainement contaminés avant la naissance ainsi que le donne à penser les cas de lèpre néo-natale observés à quelques reprises à Keur Massar (Sénégal) et en d'autres points du monde.

Les praticiens traditionnels affirment à juste titre que le lait maternel est source de contamination.

Par ailleurs, les villages de « reclassement social » représentent pour les enfants un environnement très bacillifère. De plus, la nourriture y est souvent insuffisante pour amener un bon état général. Quel sera leur devenir?

On peut distinguer quatre groupes:

  • les enfants déjà atteints par la maladie

  • les enfants en incubation silencieuse

  • les enfants qui seront ultérieurement en incubation

  • les enfants qui échapperont à la maladie.

 

De plus en plus tôt

 

Un fait nouveau mérite l'attention. La lèpre aujourd'hui frappe de plus en plus tôt. Des enfants de deux ou trois ans ont reçu les soins de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar (HTKM). Les thérapeutes âgés constataient déjà au début des années 1980 que la maladie était plus difficile à soigner qu'autrefois.

Les souches résistantes de Mycobacterium leprae, induites par les antilépreux, sont certainement à l'origine de ces difficultés en déployant une virulence accrue.

Malgré les obstacles, un objectif majeur devrait être envisagé: faire barrage à la lèpre pour les jeunes générations dans les villages de « reclassement social ».

 

Solution

 

La solution existe au Sénégal mais elle impliquerait, d'une part, une détermination des responsables sanitaires et, d'autre part, le recours au savoir ancestral qui détient des traitements préventifs et curatifs adaptés à l'âge des enfants. Certaines conviennent aux nourrissons à partir de trois mois, d'autres prescrits plus tard à partir de trois ans avec des posologies bien codifiées.

Ces traitements ont été pratiqués à l'HTKM et dans les villages de lépreux où nous avons pu intervenir.

On peut penser que les mêmes possibilités se retrouveraient en d'autre pays des zones d'endémie.

Envisageons les bienfaits des thérapeutiques prescrites contre la lèpre infantile.

  • Les enfants déjà frappés par la maladie pourront guérir avant d'avoir pris conscience de leur malheur. Un traumatisme psychologique grave leur sera épargné et une vie normale rendue possible.

  • Pour les enfants en incubation silencieuse, le traitement préventif stoppera l'évolution vers la maladie apparente. L'enfant ne connaîtra ni les stigmates ni les souffrances de la lèpre. Le danger se cachait dans l'ombre mais le combat invisible qui saura être mené portera ses fruits. L'avenir sera préservé.

  • Lorsque les enfants ne sont pas encore en incubation silencieuse mais le deviendront ultérieurement, le traitement, en agissant sur les germes et en tonifiant l'organisme, fera disparaître les risques.

  • Pour ceux qui échapperaient à la maladie, le traitement aurait une action fortifiante.

 

CONCLUSION

 

Les médecines curatives et préventives sont faciles à préparer et à administrer. Elles constitueraient un atout de première force pour une véritable lutte antilépreuse. Quel pays agira en premier dans ce domaine, ouvrant l'espoir d'un recul de l'endémie?

 

15.09.2009

Dr Yvette Parès

Professeur à l'Université de Dakar de 1960 à 1992

Dr ès-science

Dr en médecine

Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992

Directrice de l'Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

 

Je serais très reconnaissante à tous ceux ou celles qui ont une expérience de la lèpre de venir témoigner ici.

Commentaires

dire que Les enfants nés de parents lépreux sont certainement contaminés avant la naissance relève de l'absurdité,car tout lépreux ayant eu un début de trithérapie (disulone,lamprène,rifampicine) est NON CONTAGIEUX au bout d'une semaine.J'ai rencontré de nombreuses familles lépreuses où les enfants sont SAINS,et même une famille d'un lépreux soigné et guéri,mais ayant eu un enfant avant son traitement.L'ainé devenu lépreux a été guéri et les 3 autres enfants nés après le traitement du père et de l'ainé sont absolument INDEMNES.et sans traitement.
La lèpre est une maladie faiblement contagieuse et le temps d'incubation peut varier de 2 à 10 anse latence,ce qui explique la grande difficulté de retrouver le contaminant. cordialement et confraternellement, Michel Defrance

Écrit par : Dr Defrance | 28 septembre 2009

Dr Defrance, Traiter d'absurdité les propos de Mme Parès me semble inopportun étant donné que Mme Parès sait de quoi elle parle pour avoir dirigé un centre de recherche universitaire sur la lèpre, pour être médecin et pour avoir appris la médecine traditionnelle de façon très approfondie qui s'est avérée très efficace, tout cela pendant plus de 25 ans.
Vous présentez le traitement de la lèpre comme quelque chose de simple, ce qui correspond aux mêmes traitements à tous, comme le prescrit la médecine occidentale. Or, le processus pathologique est très complexe et les réactions des patients aussi. De plus, il peut y avoir des résistances importantes, sans compter des effets secondaires virulents.
Si les thérapies étaient si simples, les patients entrés dans des villages de reclassement social (lire léproserie) depuis les années 50, seraient sortis et n'auraient pas faits des petits lépreux comme c'est le cas encore aujourd'hui.
Vous semblez dire que tout lépreux est soigné et vous ne considérez que ceux-là.
Beaucoup sont laissés pour compte, ou vivent des rechutes malgré la chimiothérapie.
vous parlez de votre expérience mais vous ne dites pas sur quelle longueur de temps ni si les patients étaient dans des conditions optimales de logement, d'alimentation, d'hygiène etc.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 30 septembre 2009

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