25 septembre 2009

POURQUOI PARLER DE LA LEPRE?

En quoi peut-elle bien nous concerner?

A aviver nos réflexions sur un problème de santé qui ronge un être humain dès son enfance, à bas bruit d'abord puis jusqu'à lui faire perdre des phalanges puis des doigts, à le paralyser, et cela depuis des siècles.


 De même qu'on apprenait le latin pour exercer notre cerveau, de même pouvons-nous nous pencher sur la lèpre pour exercer nos sens et notre sensibilité dans une civilisation où le raisonnement logique et le calcul matérialiste a trop souvent pris le dessus.

Il serait temps de faire évoluer la situation des lépreux et prendre en main leurs traitements avec ceux qui savent la soigner. Seulement, ceux qui ont les moyens thérapeutiques n'ont pas les moyens financiers de se payer le véhicule nécessaire ou un système d'irrigation suffisant pour produire assez de plantes efficaces contre la lèpre. Eh oui, il existe des plantes efficaces!

Alors qu'en Suisse, nous avons reconnu la place des médecines complémentaires, bien d'autres pays ne la reconnaissent pas suffisamment pour suppléer à une médecine scientifique qui est en pleine évolution, ne sait pas tout guérir et coûte des sommes impossibles à rassembler dans la plupart des pays.

 

Voici quelques réflexions que nous livre Mme Pr et Dr Parès qui étudia la lèpre dans un centre universitaire de recherche scientifique et fut sidérée de constater que des plantes africaines étaient efficaces pour tuer le bacille.

Ce fut un choc pour elle de constater qu'une médecine tradiitonnelle pouvait avoir degrands moyens contre une grave maladie. De là sa formation par un tradipraticien sénégalais et toute son expérience très positive dans les traitements aux lépreux.

 

 

LEPRE, QUELQUES INFORMATIONS

 

Depuis les temps les plus reculés, la lèpre sévit dans le monde. Elle n'a pas disparu, de nos jours, dans les zones d'endémie sur quatre continents.

 

  1. Au cours des années 1980 et 1990, l'OMS a mené des campagnes

      « d'éradification » avec la polychimiothérapie dont il était fait grand bruit. Aux produits anciens était jointe la Rifampicine (antibiotique très coûteux).

Ces campagnes ont abouti à un échec qui, en son temps, a été reconnu.

  1. L'échec était prévisible: l'association de produits non curatifs ne pouvait mener à la guérison.

  2. Des affirmations étranges avaient cours:

- la lèpre tuberculoïde serait guérie en 6 mois (tous les cas cliniques confondus, récents ou anciens, graves et très graves, patients jeunes ou âgés).

- la lèpre lépromateuse devait être guérie en 2 ans (tous les cas cliniques confondus, récents ou anciens, graves et très graves, patients jeunes ou âgés).

Ces débats arbitraires pour la guérison ne peuvent que surprendre.

Une simple réflexion montre que ces affirmations et estimations ne sont pas

crédibles. Mais le grand public les accepte comme venant « d''experts ».

  1.  
    1. Les anti-lépreux engendrent des effets indésirables et en particulier des accidents allergiques, les réactions lépreuses extrêmement douloureuses et que l'on ne savait pas maîtriser.

    2. Les anti-lépreux détruisent les bacilles mais ne guérissent pas la maladie car ils n'éliminent pas les autres éléments pathogènes du cycle vital de Mycobacterium leprae. Il s'agit des formes « filtrables » mises en évidence par des travaux scientifiques effectués à l'Université de Dakar au Sénégal.

    3. Les anti-lépreux font apparaître des souches résistantes de virulence accrue.

Ce fait explique une observation faite par les thérapeutes traditionnels très âgés du Sénégal, spécialisés dans la lèpre, il y a plus de trente ans:

« La lèpre est beaucoup plus difficile à traiter qu'autrefois ».

  1.  
    1. En 2008, la thérapeutique demeurait dans la même impasse. Les mêmes produits sont toujours préconisés: dapsone, clofazimine et rifampicine.

Ce traitement très réducteur ne vise que les germes et ne prend pas en compte l'organisme du patient envahi de toxines et porteur de multiples désordres et lésions.

  1.  
    1. Depuis un certain temps, on prescrit la Thalidomide, hautement tératogène, en cas de « réaction lépreuse » (réaction allergique due à une libération massive de toxines bactériennes).

Il y a là grand danger pour les femmes qui seraient enceintes, sans le savoir encore.

  1.  
    1. La médecine traditionnelle du Sénégal dispose de médications préventives contre les réactions lépreuses et curatives dans les rares cas où elles se produisent.

    2. La lutte antilépreuse ne suscite guère l'intérêt des autorités sanitaires dans les pays des zones d'endémie.

D'autre part, cette maladie a été considérée comme une punition divine, ou la conséquence d'un mauvais karma. Ces conceptions aboutissaient à l'exclusion, au rejet des malades et non aux soins qui auraient pu leur être prodigués.

  1.  
    1. Le recul de la lèpre, au Sénégal, serait possible en administrant les traitements préventifs de la médecine tradiitonnelle aux enfants nés de parents lépreux.

Ces traitements ont fait la preuve de leur efficacité, là où nous avons pu les appliquer au cours de nombreuses années.

 

CONCLUSION

 

La lutte antilépreuse impliquerait la mondialisation de la compassion et la ferme détermination de combattre ce fléau venu du fond des âges.

Toutes les médecines traditionnelles disposant de traitements efficaces devraient être mobilisées pour l'élaboration d'un programme commun et bien structuré.

Les grands changements qui se profilent dans le monde ouvriront peut-être le chemin dans un avenir pas trop lointain.

 

16.09.09

Dr Yvette Parès

Professeur à l'Université de Dakar de 1960 à 1992

Dr ès-science

Dr en médecine

Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992

Directrice de l'Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

Commentaires

quels sont ces traitements alternatifs car je garde un petit garçon noir et je suis convaincu que c'est cette maladie qu'il a mais je ne sais quoi faire pour l'aider.
Merci
Annik Kemp

Écrit par : Annik | 08 mars 2012

Annik, je suis touchée que vous veniez partager votre préoccupation ici.
Vous ne dites pas où vous vous trouvez donc il ne m'est pas possible de vous conseiller. En effet, chaque région a ses thérapeutes qui intègrent différents modes de soins selon la maladie et aussi selon la phase de la maladie. Ils proposent souvent, entre autres traitements, un mélange de plantes qui dépend des plantes disponibles de la région.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08 mars 2012

Que faire pour éviter la contamination de la maladie si on vivait avec un lépreux dans une même famille comme l'un des parents?

Écrit par : ANACLET KAYEMBE | 25 janvier 2014

Votre question est excellente, Anaclet Kayembe.
En fait, il faut savoir que la maladie est peu contagieuse en soi. Elle se transmet surtout quand il y a une grande intimité (mari et enfants en bas âge ou très proches du parent malade)
Ce qui est très "contagieux" sont surtout différents facteurs : la malnutrition qui empêche de bonnes réactions immunitaires et les conditions d'hygiène qui affaiblissent l'organisme et qui le rendent ainsi vulnérables aux différentes maladies du lieu de vie. Actuellement par exemple, dans le village de lépreux que je connais bien, la maladie qui fait le plus de tort est la malaria, avec des formes de plus en plus sévères.
Ce qui affaiblit aussi l'être humain, ce sont les situations de stress ou de désespoir comme le chômage, les situations familiales conflictuelles, le deuil voire la guerre. En fait, toutes les situations d'instabilité profondes et durables. Dans ces situations-là, c'est un travail psychologique ou spirituel qui permettra de se renforcer et d'éviter non seulement la lèpre mais aussi d'autres agents pathogènes.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 26 janvier 2014

Les commentaires sont fermés.