12 septembre 2009

REFLEXIONS SUR LES MEDICAMENTS « ESSENTIELS » PRECONISES PAR L'OMS

Mme Yvette Parès, Dr ès Science et Médecin, tout en étant formée par des tradipraticiens africains chevronnés en phytothérapie, nous apporte ici son regard sur la rencontre des médecines.


 Au fil des années, l'OMS a élaboré des listes de médicaments qualifiés « d'essentiels ». La onzième, disponible en 2007, comportait plus de deux cents produits médicamenteux classés sous différentes rubriques et en particulier:

 

  • antiinfectieux

  • anifongiques

  • antihelminthiques

  • antiprotozoaires

  • analgésiques

  • antipyrétiques

  • antiinflammatoires non stéroïdiens

  • antigoutteux

  • antiallergiques

  • antiasthmatiques

  • antiépileptiques

  • antinéoplasiques

  • antiparkinsoniens

  • antitussifs

 

Il s'y ajoutait des médicaments prescrits en cardiologie et dermatologie.

On sait par ailleurs que le répertoire des médicaments, le VIDAL en France, en regroupe plus de sept mille.

 

Ces faits font surgir diverses questions:

 

  1. Quels sont les critères qui ont présidé au choix des médicaments essentiels parmi l'abondance des produits médicamenteux disponibles?

 

  1. Quelles sont les populations visées par les médicaments essentiels?

S'il s'agit des pays occidentaux, pourquoi accepter une pléthore de plus de 6800 produits supplémentaires?

Ils expriment sans doute la concurrence à laquelle se livrent les laboratoires pharmaceutiques en offrant des molécules d'action comparable.

Ils permettent aussi les démarches auprès des médecins généralistes et des hôpitaux pour louer les mérites des « nouveautés », par rapport aux remèdes plus anciens, et inviter à les prescrire. Ceci, en oubliant que seul le temps peut confirmer ou infirmer les vertus exposées et déceler les éventuels effets indésirables qui se manifestent à retardement.

En d'autres termes, cette pléthore médicamenteuse est liée à la marchandisation de la santé, l'intérêt véritable des patients n'étant que secondaire.

 

3. Quels sont dans l'esprit de l'OMS les vrais destinataires de cette sélection restreinte?

Il s'agit des pays du Sud dans lesquels la médecine officielle s'est implantée. Selon l'OMS, ces pays n'ont pas « accès aux soins », n'ont pas « accès aux médicaments ». Cette vision erronée est peu compatible avec la considération que devraient recevoir l'intelligence et le savoir des peuples des autres continents.

Elle revient à coiffer du bonnet d'âne toutes les médecines traditionnelles malgré les immenses ressources qu'elles détiennent.

Elle offre ce paradoxe de mettre en balance un demi-siècle de chimie et le patrimoine thérapeutique éprouvé par le temps et accumulé au cours des millénaires.

Le contraste ne peut que frapper les esprits et devrait susciter une réflexion qui, bien que tardivement, rétablirait la situation sur des bases conformes à la réalité.

Afin de concrétiser ces propos, on peut citer l'exemple de la médecine africaine au Sénégal. Elle n'aurait nul besoin de la présence des « médicaments esssentiels », ses médications couvrant largement les rubriques qui ont été citées.

 

  1. Les « médicaments essentiels » sont-ils assurés d'un long avenir?

 

Un fait inattendu est venu bouleverser les fondements thérapeutiques de la médecine officielle qui seule s'est exprimée dans les instances internationales.

Il concerne le caractère polluant des médicaments issus de la chimie et qui ont contaminé l'eau jusqu'aux réserves souterraines. Les médicaments essentiels n'échappent pas à ce comportement lourd de conséquences pour les humains et toutes les formes de vie, pour le présent et le futur.

La nécessité d'une révolution thérapeutique avec le retour aux médications naturelles non polluantes va s'imposer avec une force croissante. On peut présumer que le « tout-chimie » n'aura été qu'une courte et néfaste parenthèse dans l'histoire universelle de la médecine.

Son pouvoir de réduction, outre le caractère scientifique qui lui était attribué, reposait aussi sur la voie de la facilité: les médicaments prêts à l'emploi ne nécessitaient plus les préparations dans les officines assurées par les pharmaciens et leurs auxilaires qualifiés.

 

Après les égarements du 20e siècle, la surestimation du lien médecine- science et la prise de conscience des impératifs écologiques, les problèmes sanitaires exigeront un remaniement total des politiques en cours avec la collaboration enfin requise de toutes les médecines de la planète. De grandes victoires en résulteraient.

 

Le 2 septembre 2009

Dr Yvette Parès

Professeur à l'Université de Dakar de 1960 à 1992 ,Dr ès-science, Médecin,

Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992

Directrice de l'Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

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