27 juin 2009

LES FAUTES D'ORTHOGRAPHE

Je ressens toujours une douleur quand je lis des commentaires pointant les fautes d'orthographe de certains commentateurs. Pour moi, il s'agit d'un manque de compassion pour ceux qui ont toujours peiné en la matière.


Personnellement, je n'ai aucun mérite d'être à peu près correcte puisque j'ai vécu une période où nous étions drillés pour l'orthographe, sans compter que j'avais deux parents enseignants!

En revanche, pour ceux qui ont toujours peiné, c'est pénible de continuer à être pointés du doigt dans leur âge adulte. Eux qui font l'effort de s'exprimer malgér leurs handicaps, ils reçoivent de nouveau des considérations peu sympathiques de ceux qui ont su s'adapter à une orthographe inventée dans les salons des rois de France et qui, trop souvent, n'est pas logique.

Lorsqu'on s'exprime avec le coeur plutôt qu'avec la tête, il est naturel d'avoir d'autres élans graphiques que celui qui nous viennent du corps enseignant.

Ceux qui ont des difficultés en orthographe sont souvent ceux qui ont dû faire beaucoup d'efforts pour tenir en classe. Leur rappeler une période dure est plutôt cruel! C'est aussi ne pas tenir compte de leurs problèmes de dyslexie, de troubles affectifs suite à des situations familiales difficiles, de leurs handicaps de santé qui les ont fait manquer beaucoup d'heures de classe, etc.

Alors, essayons de lire le fond de leurs commentaires et de leur répondre sur ce plan-là et détachons-nous de la forme qui peut s'estomper de notre attention si nous les accueillons comme des humains et pas comme de sempiternels écoliers.

Commentaires

Entièrement d'accord avec vous.

Le rappel des fautes doit se faire dans un but éducatif, et doit aussi contenir de la compassion.

Et il faut être politiquement correct.

On ne doit plus dire "Eh ! patate! On écrit "violette" et non "violète" !"

Mais :

"Mon pauvre ami. Les troubles affectifs dont vous souffrez à la suite d'une enfance malheureuse, du divorce de vos parents et de votre propension bien naturelle à pratiquer l'école buissonnière, sans compter votre fréquentation de l'école publique genevoise et de votre incurie à faire usage d'un correcteur orthographique vous ont fait écrire "violète". Je vous signale, sans vouloir m'immiscer dans vos rapports mal résolus avec ceux qui tentaient de vous inculquer quelques rudiments d'orthographe et à qui vous vouez un ressentiment légitime non à cause de l'échec de leur mission, mais bien de par la position dominante d'enseignant qu'ils assumaient sans qu'on ait pris la peine de vous demander votre accord à ce sujet, qu'on écrit "violette".Mais cela n'est pas grave, ne changez surtout pas votre manière de vous rebiffer, nous compatissons tous à votre sort. Votre illettrisme, pardon votre dysorthographie psychique et sociale, son touchants et nous nous en voudrions tous que vous mettiez un terme inopiné à cette jolie manière de rappeler à l'ensemble de vos contemporains que vous fûtes un cancre, pardon, un élève victime d'un manque de cohésion familiale et sociale.

Écrit par : j.nizard | 27 juin 2009

j. nizard

Vous mettez le doigt sur le problème.
Vous illustrer en quelques lignes à quel point il est important de bien dire qu'on a rien à dire. Depuis Socrate, et probablement depuis le début de l'humain, rien n'a changé. La forme est tellement sur évaluée par l'éducation que ceux qui savent bien dire ou écrire ont plus d'influence que ceux qui maitrisent le fond. Remarquer que parfois les deux dons se réunissent.

Je peux comprendre que vous soyez exaspéré par la défense psychologisante de l'erreur d'orthographe. Il n'y a pas de compassion à avoir. Par contre reconnaître les talents propres de la personne qui écrit mal ne peut faire de mal de temps. Car finalement, je ne comprends pas que l'orthographe serait le seul talent également distribué entre chacun et que seul l'absence de travail et de bonne volonté expliquerait la débâcle actuelle. Simplement au temps de l'imprimerie et de la machine à écrire, l'écriture était un métier et l'ingénieur moins doué en orthographe dictait à sa secrétaire, se prenait le temps de relire 50 fois les rares documents qu'il devait produire lui-même. La société c'est accélérée, l'internet est passé par là: il faudra en tenir compte.

Vous constaterez que mon orthographe est loin d'être parfaite et pourtant je pense que je m'applique.

Écrit par : Pied dans le plat | 27 juin 2009

On ôrait aussi envy parfois de se décorseter et de réécrire la langue froussaisse, langue de Moulière avec bôcu de créativité et de talent. Réinventer la langue pour secouer en profondeur la pensée. Ah l'ohrthograffe !!! c'est graffement dur !!!

Écrit par : duda | 27 juin 2009

J'ai trop souvent vu des attaques sur la forme, servant à discréditer un commentaire pertinent. Je trouve ça tout à fait scandaleux, car l'argumentation compte bien plus que l'orthographe dans un débat. Par contre, je dois dire que je suis exaspéré par cette tendance trop courante chez les jeunes à commettre volontairement des fautes d'orthographe ! Un texte écrit en langage SMS est totalement illisible et la moindre des politesses est de faire un effort vis-à-vis des lecteurs. Un ordinateur est pourvu d'un véritable clavier et il n'y a aucune raison de n'utiliser qu'une partie de ses touches...

Écrit par : Kad | 27 juin 2009

C'est surtout grâce à la lecture qu'une personne peut être douée pour l'orthographe. Reprocher une mauvaise (voire désastreuse) orthographe est certes cruel quand cela est fait sans aucune empathie. Corriger, oui, mais avec courtoisie.

Écrit par : Kissa | 27 juin 2009

Merci Madame pour votre choix:
Moi aussi, je ressens des douleurs quand je lis un commentaire pointant mon orthographe au lieu de débattre mes idées, je me dis bien cette personne a l'intention de me complexer tant qu'elle n'a rien à dire.
J'ai remarqué ce phénomène dans les blogs de la TDG dans certaines personnes, qui, bien au contraire sur des sites anglophones, en vous encourageant à apprendre plus.

Écrit par : Djilani Ftelina | 27 juin 2009

Vous avez raison, Madame, surtout quand on utilise la faute d'orthographe comme une arme d'exclusion sociale ! En dehors de Grévisse, point de salut. Pour les fanatiques de la "vraie" orthographe, les erreurs constituent une espèce d'invalidité. Quand vous commettez des fautes, vous ne pouvez pas avoir de bonnes idées.

Cela dit, je me demande toujours pourquoi les champions de l'orthographe affirment parfois sans sourciller : "Les mathématiques, moi, je suis nul". Et il en tirent une espèce de gloriole imbécile. Au CERN, il est plus utile de connaître l'orthographe binaire que Grévisse par coeur.

Je me permettrai, enfin, d'exprimer ma colère, quand je lis certains journalistes dont le charabia n'est pas à la gloire de la profession. Alors plutôt que de descendre en flammes votre voisin parce qu'il commet quelques fautes, exigez des journalistes qu'ils donnent l'exemple.

Dieu que la langue française est intolérante !

Écrit par : Michel Sommer | 27 juin 2009

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