03 juin 2009

La médecine à deux dimensions

Nous entendons souvent parler de la médecine à deux vitesses, à savoir le fait de pouvoir se payer tous les soins à disposition ou seulement une partie, selon nos moyens financiers.

Elargissions ici notre vision avec quelques réflexions ici sur la médecine à deux dimensions.


 Récemment. Ch. Darbellay, politicien, a soulevé le problème des soins inutiles, soumis au remboursement des caisses maladie.

Actuellement, les prestations remboursées sont décidées par nos dirigeants.

Maintenant que le peuple, avec la majorité de tous les cantons, en exprimant clairement que les médecines complémentaires doivent être prises en compte, a su exprimer un désir fort, pourquoi ne rendrait-on pas les citoyens davantage participant au choix des prestations? Ils ont peut-être une vision quelque peu distincte du sujet et d'autres opinions quant aux critères selon lesquesls la société doit, par le biais d'une assurance obligatoire, je vous le rappelle, assumer les soins de base.

Deux dimensions? Les voici: la médecine humaine et la médecine scientifique. Evidemment, il y a beaucoup de passages entre les deux, de même qu'entre nos deux lobes cérébraux nous avons les commissures. Il n'empêche que les extrêmes existent.

En médecine humaniste, le thérapeute tente d'aider le corps à s'améliorer, voire se guérir. Il est au service de l'anatomie, de la physiologie et de la biologie, tout en étant attentif à l'état d'âme et à l'état d'esprit du patient. En médecine scientifique, les processus biomoléculaires, géniques ou autres mécanismes concrets, soutenus par les nanotechnologies, deviennent très souvent prioritaires par rapport à l'être humain dans son ensemble.

On en vient à « sauver des vies », concept très séduisant qui, au fond, ne signifie que « prolonger des vies ». Avec un tel argument, on pousse toujours plus loin les actes médicaux ou chirurgicaux. Ainsi donc, on en vient à mutilier des individus sous prétexte de les soulager ou d'en aider d'autres. J'en veux pour preuve les opérations qui consistent à retirer un rein sain pour l'offrir à quelqu'un d'autre. Le geste est bien calculé techniquement mais le déséquilibre créé sur divers plans chez l'homme sain rendu patient n'est pas étudié en profondeur. Ce processus est plus poussé encore lorsque la science crée des embryons pour pouvoir, par la suite, en extraire un organe pour « sauver » un parent malade. Le pire dans ce domaine: l'ablation des deux yeux à un enfant des bidonvilles pour obtenir des greffons pour des cliniques spécialisées.

Autre mutilation: Enlever les organes génitaux et prescrire des hormones à un homme pour qu'il ait l'illusion d'être une femme. Cette opération ne peut se faire que parce que la science a « progressé » mais elle ne fait nullement cas de ce que l'être humain ainsi mutilé devient au fil du temps.

Dans de pareils contextes, on ne demande pas au peuple s'il veut financer de tels « traitements » (les gestes nécessaires à la transformation apparent du sexe valaient, il y a quelques années déjà, plus de 200 000 francs). On les lui impose, sous le prétexte de la solidarité.

Evidemment, le fait de s'arroger le droit à mutiler de la part des médecins est discutable et les comités d'éthique sont là pour en débattre et clarifier les enjeux. Il manque toutefois l'avis du peuple qui ne veut peut-être pas autant que les praticiens ce type de pratique et encore moins la financer.

 

Commentaires

L'expression "médecine à deux dimensions" peut être comprise de différentes façons. D'un côté, les deux dimensions peuvent être considérées comme étant une différence de moyens financiers donnant accès à des soins médicaux de qualité différente et, d'un autre côté, les deux dimensions peuvent être perçues comme étant une différence d'état d'esprit concernant la prise en charge des patients.

Cette vision globale de l'être humain fonctionnant comme un système complexe où tout est relié me paraît d'emblée plus juste, plus plausible et plus parlante.

Pour marier harmonieusement un tel système de soins à notre système actuel, il faudrait que nos politiciens tiennent compte de cet aspect, parallèlement aux impératifs financiers.

A nous de les y inciter en exprimant clairement ce que nous souhaitons. Cela passe par une prise de conscience individuelle avant d'être collective. Alors, à chacun d'y réfléchir : quelle médecine voulons-nous ?

Écrit par : corinne | 08 juin 2009

"Quelle médecine voulons-nous?".
Merci, Corinne, de lancer le débat sur cette question cruciale.
Nous pourrions aussi dire: Quelle santé voulons-nous?
Pour beaucoup de nos concitoyens, pouvoir assumer leurs fonctions et partir en vacances leur suffit. Pour d'autres, être productifs convient. Pour d'autres encore, c'est ne plus avoir mal; pour d'autres encore, c'est d'obtenir un certain état comme de changer de sexe, quitte à se faire mutiler.
Chacun peut trouver des références à sa santé qui lui sont propres.
Pour ma part, je vise haut et la définition de l'OMS me semble très adéquate:
"La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité."

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 juin 2009

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