10 avril 2009

VENDREDI SAINT

LE CHEMIN DE CROIX, EN QUOI NOUS CONCERNE-T-IL?


 Dans toutes les églises catholiques, des tableaux nous en rappellent les différentes étapes.

Que voyons-nous? Un panorama de souffrances, tant affectives que corporelles, dans un ordre bien défini : chaque image a son numéro.

Une suite d'épreuves bien plus étalées dans le temps nous est aussi proposée par les contes. Dans le tout jeune âge, on commence par les histoires qui concernent des animaux, puis on passe par « le petit Poucet » puis « Hansel et Gretel » et bien plus tard « Rose rouge et Rose blanche ».

Chaque étape signifie une épreuve qui nous permet la croissance d'une dimension de notre être intérieur, que ce soit une qualité ou une vertu, une libération de croyance ou une prise de conscience. Nous sommes faits de différentes strates et, plus nous avançons dans les épreuves, plus nous atteignons des strates profondes très intenses à vivre, et plus nous croissons.

Eh oui, nous avons l'habitude de parler de la croissance des enfants, croissance corporelle, affective et intellectuelle. Toutefois, la croissance ne s'arrête pas à l'âge adulte; elle se poursuit dans notre dimension ontologique, celle de notre essence humaine.

L'histoire de Jésus, un homme apparemment comme nous tous, nous montre ce cheminement à travers les vicissitudes de l'existence pour arriver à une transmutation parfaite et devenir le Christ en Gloire.

Sur un autre continent, Gautama a effectué un trajet similaire et a atteint l'Illumination, son état de Bouddha.

Chacun de nous ne sait pas quel état il atteindra. L'essentiel est de repérer dans quelle étape nous nous trouvons et ce que cette étape exige de nous si nous ne voulons pas y barboter pendant des décennies.

Chaque étape nécessite des prises de conscience tant au niveau du corps que du coeur, de l'intellect et de l'esprit. Comment repérer l'oeuvre intérieure à réaliser? Il est fort utile, tout d'abord, de developper son écoute et se taire quand on se surprend à dire « je sais bien... ». Dans cette attitude d'écoute, nous pouvons percevoir des messages qui peuvent venir tant de notre entourage, que de notre être profond ou que de la lecture de livres traditionnels qui ont traversé les temps.

Où en suis-je moi dans mon chemin? permet de chercher le « droit chemin », c'est-à-dire le chemin le plus direct vers la sortie de l'épreuve [il s'agit d'une autre signification que le « droit chemin » selon une morale bien déterminée].

Déterminer son étape permet d'éviter les situations de « passe et repasse » c'est-à-dire de retomber toujours sur le même genre de difficultés. En général, il s'agit là de leçons non comprises, de messages non saisis, d'informations mal interprétées. C'est clair que nous en comprenons toujours un fragment mais peut-être seulement avec la raison et non pas avec notre corps sensible ou spirituel.

Que Vendredi Saint nous permette de rester en contact avec cette force de croissance qui nous guide vers davantage de lumière intérieure et extérieure!

Commentaires

Tous les jours, voire chaque instant pourraient être vécus en "vendredi Saint" ! Merci Marie-France pour votre éclairage !

Écrit par : Anne-Do Lapouille | 10 avril 2009

Bonjour Madame de Meuron, avant de sortir faire du sport en plein air en agréable compagnie en profitant des beaux rayons de soleil propagés par la grâce divine, je souhaite commenter votre présent billet.

On peut apprécier votre vision holistique de la médecine, en postulant d'englober un tout, matériel et invisible. Mais cette manière - certes courante - de prôner la résilience à tout prix me choque beaucoup.

Comment peut-on affirmer qu'un "cheminement à travers les vicissitudes de l'existence pour arriver à une transmutation parfaite" suite à un drame comme le séisme qui secoue un peuple en ces jours de fêtes et pour longtemps? (Respect aux endeuillés!)

Cette épreuve -comme tant d'autres malheureusment qui jalonnent notre misérable existence- n'enseigne rien, ne permet en rien une croissance de l' être intérieur et encore moins une libération de croyance ou une prise de conscience.

C'est bien plutôt le non-sens, la douleur sans fondement, qui domine l'existence humaine. Les vertus morales et intellectuelles développées ne servent pas à grand'chose souvent devant l'anéantissement, le mal absolu, ni même face à la mesquinerie gratuite dans le monde du travail.

L'attitude "spirituelle" décrite dans vos lignes reste certes un exercice personnel, salutaire enrichissant parfois mais n'aident pas à survivre, ni à exister, ni dans l'action souvent car il est rare de rencontrer dans la vie une liberté réelle de comportement.

Mais alors pourquoi faire comme si et faire croire, notamment dans les cas où l'individu reste impuissant, n'ayant que sa psyché pour lui? Les lois de la pesanteur plombent littéralement l'esprit, dont le seul acte libérateur ne se trouve peut-être pas ici bas, si ce n'est dans la tête de quelques-uns, peut-être même pour asservir autrui ...

Écrit par : Micheline | 10 avril 2009

Micheline,
Votre expérience de la vie semble vous laisser soumise aux "lois de la pesanteur qui plombent littéralement l'esprit". avec vos conclusions face à des situations stagnantes.
Ce qui m'étonne, c'est que vous ne semblez pas concevoir que d'autres personnes puissent fonctionner avec d'autres critères et développer leurs potentiels de façon à capter aussi les forces ascendantes de l'univers.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 avril 2009

Micheline,
Je ne m'exprime certainement pas selon ce que vous souhaiteriez entendre. Aussi suis-je heureuse de découvrir dans la TdG de ce jour un article concernant Amin Maalouf - auteur du livre "le dérèglement du monde" - qui illustre mon opinion.
Cet homme, issu d'une culture bien distincte de la mienne, avec des formations tout aussi différentes, constate: "La société est déboussolée, mais le pire, annoncé, pourrait être salutaire".

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 avril 2009

Marie-France, chacun "choisit" ses références... Personnellement, je ne prête aucun crédit à ce type de littérature, qui vient donner des leçons après la grêle. L'exercice est certes cathartique mais n'apporte rien. Sénèque se plaisait à affirmer qu"il ne faut pas déséspérer même quand tout est déséspérant" ... Notre société est déboussolée depuis fort longtemps et certaines analyses prospectives d'il y a dix ans n'ont pas été prises en compte alors qu'aujourd'hui, certains en font leur fonds de commerce.

Aussi, si je ne "semble pas concevoir que d'autres personnes puissent fonctionner avec d'autres critères et développer leurs potentiels de façon à capter aussi les forces ascendantes de l'univers", c'est que je ne me fais pas d'illusion; de plus, si chaque problème a une solution, il faut encore qu'elle soit de la même nature... évoquer ou invoquer des "forces ascendantes de l'univers" constitue souvent un aveu d'impuissance, un refuge dans une forme de compensation, voire de résilience, salutaire psychologiquement pour ne pas sombre dans un dérèglement de la raison certes mais n'est pas très utile pour mener sa barque dans une société comme la nôtre où l'individu n'a pas forcément le choix de faire autrement. Car le "cause toujours" et "je fais seulement semblant de vous aider" la régissent. Pour la médecine, on observe hélas aussi des pratiques (croyances, codes, interprétations, comportements) aussi peu regardantes des besoins ou de l'univers du patient. En conclusion, c'est pas toujours évident pour l'individu de s'en sortir ici comme ailleurs selon son éthique personnelle face à des murs. Comme le dit le proverbe, on ne fait pas forcément ce qu'on pense, ni comme on pense même si on pense bien.

Écrit par : Micheline | 11 avril 2009

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