21 février 2009

DE L'USAGE DES MEDICAMENTS

Un récent communiqué de l'ATS nous fait part de l'augmentation de la consommation des médicaments des Suisses.


 

Qu'en déduire?

Que nous cherchons à soutenir nos entreprises pharmaceutiques réputées?

Que cela remplace les bonbons des enfants?

Que nous remettons à ces produits le soin de nous améliorer?

Que nous leur délégons la mission de faire taire les signaux du corps?

 

Le geste n'est pas anodin. Avant la prise du médicament, nous éprouvons quelque chose, une impression, une sensation locale ou générale, un sentiment désagréable.

Quelle importance accordons-nous à ces signaux?

Ils nous contrarient sans doute car ils ne vont pas dans le sens de nos élans ou engagements du moment. Et pourtant, le corps n'est pas seulement un véhicule mais aussi le propre reflet de nous-mêmes. Quand il s'exprime, c'est une partie de notre être qui se manifeste. La faire taire équivaut à la renier et à se couper d'elle, Seulement, cette partie mise aux oubliettes détient aussi des capacités et des forces dont il vaudrait la peine de profiter. Si elle est malmenée, il est judicieux pour elle de s'exprimer et le type de désagrément sera en miroir de la nature de sa dysharmonie.

 

Se méfier aussi des explications que nous nous donnons au sujet d'un symptôme. Si l'explication n'apporte pas de solution avec une transformation de l'état de déséquilibre, alors il vaut mieux chercher une explication plus profonde. Sous nos latitudes, notre intellect est toujours prompt à fonctionner. Toutefois, nos sens perceptifs peuvent nous renseigner bien plus précisément sur ce que nous ressentons et mettons en mouvement dans notre corps.

 

Aussi bien que différents exercices nous ont appris à lire et à calculer, d'autres exercices nous enseignent à être attentifs aux signaux de notre corps, expressions de notre physiologie et de notre anatomie.

 

Je vous rappelle quelques moyens d'expériences perceptives illustrés par la fleur suivante:

 

fleur_blanc.jpeg

 

Commentaires

Bonjour Marie France! Votre vision d'une médecine intégrative, qui manque cruellement, me fascine au plus haut point. Cependant, une question subsiste: comment cela fait-il que la plupart des médecins ne livrent qu'un comportement étriqué; formés de la même manière, beaucoup présentent les mêmes pratiques: pas d'écoute, un zeste de cynisme ou de désinvolture et des ordonnances à flots pour des médic' qu'ils ne suivent même pas.

Ainsi, des patients se retrouvent à avaler des médic' à longueur d'années sans que le médecin ne se soucie le moins du monde de la progession, des effets secondaires surtout en ce qui concerne la digestion ou la prise de poids.

À ces désagréments, s'ajoute souvent un rapport de force obséquieux : le chantage à l'ordonnance, résumé brièvement à un "Si vous voulez une ordonnance parce que vous êtes à court de médic', alors il vous faut venir en consultation!" quand bien même le médecin en question pourrait aisément faire payer une consultation pour délivrer ce "certificat" sans que la personne n'ai besoin de se déplacer pour des blablas inutiles ou à écouter les conseils téléguidés, les recommandations moralisantes d'un technicien de la médecine. Enfin, je trouve essentiellement problématique la relation médicale tripartite!

Bien à vous.

Écrit par : Micheline | 21 février 2009

Bonjour Micheline,
Merci d'amener cet aspect de la relation médecin-malade que vous n'êtes pas la seule à déplorer.
Elle est la résultante d'une culture qui tend à se transformer de manière toujours plus nette.
Le fait que nous ayons à voter le 17 mai "pour la prise en compte des médecines complémentaires" dénote bien d'une évolution.
En effet, il ne s'agit pas seulement de prescrire des plantes plutôt que des produits chimiques mais surtout de transformer une certaine mentalité.
Il est intéressant de souligner que c'est le peuple qui finance l'initiative pour les médecines complémentaires, donc ce fait dénote d'un revirement qui montre que c'est aux individus qu'il revient de définir ce qui leur est adéquat.
Pour ce faire, le patient doit prendre les rênes de son entité humaine. Pour l'instant, il le fait en s'informant énormément sur les maladies diagnostiquées; toutefois, à ce moment-là, il active surtout son mental.
Il s'agit maintenant de descendre dans le corps et de ressentir ce qui s'y passe avec ses perceptions sensibles. Alors là, les exigences se modifient et il est nécessaire de s'adresser à d'autres types de praticiens. Il ne s'agit plus de dire "je veux ceci ou cela mais de découvrir comment j'attire ceci ou cela.
un exemple typique est le patient qui se plaint d'un médecin mais qui continue à le consulter parce que "c'est pratique, il habite dans ma rue!" Une telle réflexion attire un médecin qui fonctionnera de façon pratique et rapide plutôt que méticuleuse ou intuitive.
Un autre élément à souligner est que le cheminement dans la vie est parfois chaotique et qu'il ne s'agit pas de rester planté sur une mauvaise expérience. Ce chemin est fait de plusieurs étapes et il s'agit de voir si le médecin ou le thérapeute actuel peut m'accompagner dans l'étape suivante.
Certains passages par tel ou tel thérapeute peut nous permettre de mieux définir ce que l'on désire, ou encore de développer des capacités sensibles nécessaires dans sa future étape.
On passe ainsi de la vision d'un médecin père tout-puissant à celle d'un guide de médecine.
Il faut reconnaître qu'on a peut-être pris l'habitude de considérer le médecin comme tout-puissant parce qu'on se décidait à le consulter que lorsqu'on était "foutu". Aujourd'hui, nous recherchons beaucoup plus de confort et nous n'avons plus le souci financier d'une période sans caisse-maladie!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 février 2009

Tout d'abord : bonne fête aux Neuchâtelois qui fêtent leur indépendance! Appréciant beaucoup votre style et votre générosité à nourrir un blog avec des questions si vitales, difficiles souvent à résoudre, je reviens ici sur ce thèeme central de la relation patient-médecin à laquelle on faisait allusion.

Choisir un thérapeute, parce que "c'est pratique, il habite dans ma rue!" est idiot, je vous l'accorde. Mais je crois que les gens sont un peu déboussolés et déçus quand même : en faisant l'effort d'une recherche méticuleuse et rigoureuse du thérapeute qu'il faut, beaucoup sont dépités devant le constat d'une uniformité de langage, de pratiques, bref d'automatismes et d'indifférence frisant parfois le cynisme!

Formatés comme ils le sont, ils n'ont pas forcément la liberté (ni le pouvoir) de penser par eux-mêmes, comme vous le dites, avec intuition.

De plus, ce que je déplore, c'est que souvent, ils jouent à "je vais faire seulement semblant de vous aider...", ce qui leur donne le loisir de se défiler quand un traitement ne fonctionne pas en disant simplement "le résultat est méconnaissable d'avance, il faut essayer pour voir, et puis, certains médicaments marchent pour certains et pas d'autres!" FACILE, TROP FACILE !

N'étant pas une qui court après les thérapeutes tellement leurs discours m'ennuient, je dois constater que dans le besoin, je me retrouve parfois fâchée et dépitée devant une telle suffisance-impuissance ... Et puis, n'aimant pas les malades imaginaires, je n'ai jamais opté de faire marcher mon assurance-maladie pour rien. (C'est une attitude citoyenne dans mon esprit.)

Mais il est vrai que ce troisième pouvoir renferme des mystères qui m'échappent...


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Écrit par : Micheline | 01 mars 2009

Bonjour Micheline, merci pour vos appréciations fort agréables!
Vous exprimez très bien les situations qui vous ont consternée devant une certaine forme de relation médecin-patient, consternation que vous êtes loin d'être la seule à ressentir.
Nous vivons une ère qui nous incite à une mutation profonde. Or, les éléments pour l'effectuer sont souvent épars autour de nous et, la plupart du temps, nous les utilisons très mal. Ils nous faut donc être très vigilants et profiter des leçons de l'existence pour aller de l'avant.
Dans l'exemple de la relation médecin-patient, nous avons à muter pour une relation malade-médecin. J'inverse donc les fonctions afin de stimuler le patient à retrouver la notion de sa souveraineté sur lui et sa santé. S'il consulte un médecin, c'est pour enrichir les connaissances ou les explorations
de son être. Ainsi, pourra-t-il faire des choix plus libres. Tant que l'on considère le médecin comme un ersatz paternel donc tout-puissant, tout-sachant et tout-protecteur, nous resterons sous sa domination.
Pour tendre à cette souveraineté, il est important de ne pas attendre d'être en faillite physique (maladie, invalidité etc) pour se mettre en chemin car, dans de telles situations, nous sommes déjà dans un état de soumission, la maladie nous invalidant.
D'où l'importance d'un travail de développement personnel et de connaissance de soi afin de découvrir nos instruments humains, de perception, de cognition, de forces psychiques et autres pour pouvoir mieux comprendre ce qui se déroule, en nous quand des symptômes tirent la sonnettes d'alarme. Ainsi, ne serons-nous pas démunis devant les déclarations des médecins telles que vous les décrivez.
Si nous pratiquons la médecine précoce, à savoir la perception de ce qui se déroule quand les symptômes surgissent, nous aurons beaucoup plus de moyens de ne pas tomber dans une maladie chronique où nous ne pouvons plus que nous remettre aux mains de "ceux qui savent" et qui sont "formatés" pour ce genre de problèmes physiques.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08 mars 2009

Madame de Meuron, votre réponse pose les problèmes et ne donnent aucune solution au point soulevé. La relation médecin-patient ou malade-médecin ne peut exister que s'il y a une raison, soit un besoin d'être soigné! (À moins d'être un malade imaginaire, qui court après toutes sortes de médecins en s'inventant souvent des maux ne constitue pas une référence dans l'esprit de mon commentaire précédent.) Un malade ne peut être souverain puisqu'il est en demande... c'est pur verbiage (désolée de vous le ire aussi franchement).

La réalité actuelle montre plutôt que laplupart des gens vivent sans médecin et que lorsqu'ils ont besoin d'aller voir un médecin, c'est la galère pour en trouver un de disponible, qui ne soit pas intéressé que par les colloques, à être flatté par des visites récurrentes, etc, etc, Perso, je n'ai aucune propension à aller voir des tas de médecins et faire marcher une caisse-maladie pour rien!

D'expérience, malgré les connaissances ou les explorations
de son propre être, on est fort démuni face aux pratiques mécaniques sans réflexion préalable de certains médecins. Quelles sont les bases d'un choix libre, en l'occurrence?

"On passe ainsi de la vision d'un médecin père tout-puissant à celle d'un guide de médecine." Ce langage psy ne colle pas à la situation: tous les "patients" n'ont pas des problèmes de discernementau point de considérations de ce genre pour "leur" médecin... Par ailleurs, j'ai observé plusieurs fois à mes dépens que lorsque j'étais dans une démarche pro-active, je me suis fait rabrouer! Primo, le chantage à l'ordonnance s'est vite transformé en des "mises en garde" inutiles et sans intérêt, déresponsabilisant l'auteur du petit papier écrit; deusio, il m'est arrivé de rechercher une aide auprès d'un spécialiste pour un mal que je considérais aggravant et l'on m'a envoyé promenener, n'écoutant pas ma demande, prétextant même que je n'étais pas habilitée à émettre tel "jugement". C'est vous dire...!

Mais une chose est sûre, c'est qu'on consulte un médecin lorsque l'on croit qu'il y a besoin et non en prévision d'une maladie imaginaire, à venir (d'autant que c'est le meilleur moyen qu'elle advienne.) Enfin, certains dignostics laissent à désirer ...

Écrit par : Micheline | 20 mars 2009

bonsoir Micheline,

Je regrette que vous preniez pour du verbiage ce que j'exprime à partir de mes perceptions. Les appréciations de ce type éloignent du sujet traité, à moins que votre objectif ne soit que de
déplorer les relations que vous avez eues avec divers médecins et de ne laisser ainsi place à aucune ouverture au problème que vous soulevez..

Je n'ai aucune prétention à apporter des solutions – car pour moi, chaque situation nécessite sa propre solution - mais à présenter les sujets sous d'autres angles, avec des suggestions qui me semblent importantes. Je m'adresse à tous et pas seulement à vous qui avez cumulé certains vécus douloureux que certainement d'autres partagent, avec d'autres conclusions possibles.

Je me suis certainement exprimée un peu rapidement mais lorsque je parle de souveraineté du patient, j'estime qu'il est tout-à-fait possible à quelqu'un de garder son autonomie générale même s'il est démuni face à un problème de santé. Il est vrai que le niveau de discernement peut varier tant d'un patient à l'autre que d'un état de santé à l'autre. C'est ainsi que l'on peut considérer son médecin comme un guide de santé ou un père tout-puissant, selon son état de conscience.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20 mars 2009

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