17 septembre 2008

Réponse au blog doc, dons d'organes, que faites-vous?

 

 

Les réflexions proposées me paraissent bien "recto-verso":

- Il y a manque d'organes, faites quelquechose!

- La loi est un frein, changeons-là!

- Ne laissez pas les malades attendre, donnons-nous les moyens!

 

Les arguments chiffrés pour nous attiser sont bien loin de nos corps, des drames des êtres dont les cadavres attisent les convoitises et de toutes les épreuves à traverser pour ceux qui reçoivent des organes.

Cessons aussi de parler de sauver des vies quand on ne fait que les prolonger!

Cessons aussi de faire croire que chacun peut être concerné alors qu'il s'agit de patients bien définis.

Il serait bon que le corps médical conventionnel débatte avec la population de la réalité profonde de ce que représentent les dons d'organes sur tous les plans. Nous faisons tous partie de la même collectivité. Ce n'est pas en supprimant des commentaires sur votre blog, Dr Buchs, que vous ouvrez l'écoute et le partage entre individus .

A la question « que faites-vous? », on pourrait d'abord demander :"que ressentez-vous?" Tant à l'idée qu'on prenne un organe de votre cadavre, ou de votre corps si c'est un don vivant, ou du corps d'un être aimé si vous avez à décider pour lui. Que l'on se donne donc le temps d'accueillir le ressenti plutôt que de calculer les % de dons par nation.

On peut aussi s'approcher des expériences de ceux qui furent concernés par un tel sujet.

Voici 2 cas de ma pratique:

Un opéré du coeur avait rencontré le président d'une association de greffés cardiaques qui lui avait parlé de nombreux suicidés parmi les affiliés.

Une mère m'a relaté son désarroi profond d'être secouée par une infirmière (en F) qui lui demandait avec insistance et impatience si son fils de 20 ans qui venait de se suicider avait laisser des directives pour des prélèvements d'organes.

J'ai connu des personnes greffées qui fonctionnaient correctement mais qui étaient barricadées dans des dimensions intrapsychiques depuis leurs opérations.

Il s'agit donc d'un choix très personnel et, comme le dit si bien le commentateur Deng, l'Etat n'a pas à imposer sa dictature.

Quant à Père Siffleur qui pose la question de savoir à qui profite ces dons, il est bon d'aller vraiment étudier tous les paramètres en jeu. On doit aussi tenir compte du paramètre financier car à l'heure où la majorité de la population se cabre contre la hausse des primes, il faut aussi chiffrer ces opérations.

L'orientation de la recherche est aussi à préciser, voire à modifier, afin que l'on puisse davantage prévenir les états de santé fort déficitaires des patients qui nécessitent des greffes.

Recevoir un organe alors qu'on est destiné à mourir n'est pas qu'une question technique. C'est un nouveau choix dans l'existence. Cet engagement ne doit pas être qu'un évitement du trépas.

Commentaires

Bon, bien, sérieusement ... cela me semble comme une incitation à des suicides, des accidents de la route ou encore des crimes, sans quoi, comment avoir des ... organes ?

Et puis, blague à part, les organes de ceux qui meurent ... de leur bonne mort ... ne sont pas toujours en état de ... fonctionnement, n'est-ce pas ?

Pour l'avoir vécu, je connais ce que les médicaments anti rejet ont comme conséquence ... et ... effets secondaires.
Mais bon cela, ... , n'inquiète pas outre mesure, le bon docteur ... PDC.

Franchement, à quoi bon sauver le foi d'un alcoolique (Valérie Garbani), si c'est pour se remettre à boire ?

A quoi bon sauver les poumons d'un fumeur (Laurent Moutinot), si c'est pour le voir re-fumer, la pipe au coin des lèvres...

J'en connais, des fumeurs, qui ont connu l'ablation d'un de leur poumons.

Ils n'en sont pas morts, ils continuent de fumer (tant mieux, et pan dans la gueule, Rielle), font la fête, sont très, mais alors très agréables...

Bien à vous,

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17 septembre 2008

Une lectrice a relevé une parenté entre le don d'organes et le don du sang.
Alors que nous sommes des êtres entiers, corps, âme, esprit, il est normal que nous ressentions comme étrange le fait de nous dépouiller d'une partie de notre entièreté. Un corps n'est pas un puzzle car il comporte moult circuits et systèmes d'interrelation. Nous pouvons donc comprendre que, pour bien des personnes, cet ensemble soit perçu comme indissociable.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 18 septembre 2008

Revenons sur le vrai sujet.
Le don d'organes.
Une voiture peut se réparer grâce aux pièces de rechange. Bon. Avec des matériaux que l'on trouve dans la nature, on peut en fabriquer beaucoup.

Pour le corps humain, nous en sommes aux balbutiements de la recherche, pour la création de "pièces de rechange", naturels.

J'étais émerveillé de voir que l'on peut fabriquer de la peau, c'est super, surtout pour les grands brûlés.
On fabrique aussi de la rétine, pour ceux qui subissent la perte de la cataracte.

Pour les autres organes ... que faire ?
Pour le moment, la recherche continue, bien, super, mais sans le don d'organes, il ne sera pas possible de sauver des vies.

Et puis, de son vivant, remplir la petite carte, format carte de crédit, facilement rangeable dans son porte-monnaie, c'est s'assurer, à quelque part, que sa vie continueras ... dans le corps d'un(e) autre.

Si vous êtes tenté par l'éternité, c'est un moyen d'y arriver, mais surtout, un moyen de prolonger la vie d'autrui.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 19 septembre 2008

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