13 septembre 2008

La santé des Suisses

 

ENQUETE SUISSE SUR LA SANTE 2007

Tribune de Genève et Le Nouvelliste du 13.9.2008

Sondage à partir de 19000 personnes de plus de 15 ans.

Un professeur de chirurgie nous a enseigné: « Les statistiques sont au médecin ce que le réverbère est à l'ivrogne : il le soutient plus qu'il ne l'éclaire. »

Tout sondage est orienté et il serait faux d'en tirer des données générales.

Dans ce cas, un quotidien parle de personnes se « sentant » en bonne santé, l'autre « se jugeant en bonne santé ». Il s'agit donc d'estimations perçues ou rationnelles.

Si nous reprennons la définition de l'OMS:

 "La santé est un état de bien être total physique, social et mental de la personne (image POSITIVE de la santé). Ce n'est pas la simple absence de maladie ou d'infirmité".

Ainsi donc, la santé est un état de la personne et pas seulement une sensation ou un jugement saisis au vol lors d'un sondage,

Beaucoup de personnes estiment leur santé correcte quand elles parviennent à fonctionner selon leurs besoins de travailler, de se mouvoir ou de manger et d'évacuer. Si l'une de ces fonctions ne donne pas satisfaction, bien des personnes se contentent de camoufler le trouble avec des médicaments, sans en chercher la cause. Dans de telles conditions, on ne peut pas parler d'un état de santé mais seulement d'un état de fonctionnement. De plus, ce type d'attitudes crée des bombes à retardement car un jour ou l'autre les médicaments n'agissent plus, l'abus crée de nouvelles pathologies ou encore la péjoration nécessite des soins plus conséquents.

Un autre paramètre est aussi très important: celui de l'évolutivité. Si nous considérons le problème de la surcharge pondérale, estimé à  37% de la population dans le sondage cité, ce taux ne nous dit pas s'il s'agit d'un poids allant en augmentant, ce qui est déjà le début d'une pathologie, s'il est en diminution, ce qui dénote d'une dynamique de santé ou s'il est réellement stable car la personne a trouvé un équilibre, ce qui est aussi un signe de santé.

Quand 39% des filles de 15 à 24 ans et 19 % des garçons sont en insuffisance pondérale alors que 42% des garçons trop maigres souhaiteraient grossir et 18% des filles aimeraient encore fondre, on ne peut vraiment pas parler d'un état de bien être total physique et mental.

Une des cibles du sondage est le tabagisme actif et passif. Evidemment en amélioration vu les efforts intenses fournis dans cette direction par nos services officiels.

En conséquence, on dirait que l'enquête a cherché à mesurer les résultats de certains travaux spécifiques de l'OFSP au lieu de vérifier si notre santé publique s'appliquait à remplir les critères de l'OMS.

 

Commentaires

Bonjour !
"Une des cibles du sondage est le tabagisme actif et passif."
Tout à fait normal ! Si on pense que l'OFSP a "investi" 1,3 milliard de francs dans l'opération, il est normal que cet office cherche à mesurer les résultats.
Bien qu'étant probablement dans "un état de bien être total physique et mental", le Dr. Thomas Zeltner, directeur de l'OFSP, et plus près de nous, ce bon Dr. Rielle et son CIPRET, ne sont cependant pas en mesure de nous communiquer des infos intéressantes sur l'état de bien-être des bistrotiers et réservent leur réponse quant à la dépénanalisationnerie de la fumée du cannabis (qui pourrait rapporter 2 milliards de francs).
En attendant, on s'accroche aux réverbères...

:o)

Écrit par : Blondesen | 14 septembre 2008

Bonjour Blondesen,
Merci de nous rappeler les montants investis dans certaines campagnes, au détriment d'une créativité qui pourraient susciter des campagnes plus poétiques et plus humoristiques.
Je comprends la douche froide des bistrotiers mais il était peut-être temps qu'ils tiennent compte aussi de l'air qu'ils respirent, font respirer à leurs employés et aux personnes qui tiennent à une certaine vie sociale. S'ils veulent récupérer des clients, il y a peut-être là aussi des moyens créatifs et humoristiques de le faire, ce qui, cerise sur le gâteau, donnerait des idées à nos dirigeants par trop intellectuels.
Quant au cannabis, vous avez tout-à-fait raison de souligner à quel point il est aberrant d'attirer l'attention sur la nocivité du tabac en serrant la vis et d'un autre côté de la desserrer pour le cannabis qui contient des produits encore plus toxiques.
Ce type d'actions montrent bien à quel point notre système de gouvernement travaille au coup par coup au lieu de permettre aux habitants de développer une relation forte avec leurs facultés humaines, tant physiques que psychiques et spirituelles.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 14 septembre 2008

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