20 juillet 2008

Pouvons-nous financer le Professeur Antonarakis

 

( suite à l'article "Un chercheur demande 40 millions à la population" tdg du 12 juillet 2008)

 

 

Pouvons-nous? dans le sens de "En avons-nous les moyens"? Nous, c'est-à-dire la population?

Extraire 40 millions des finances de la population, ce n'est pas rien!

C'en est presque un acte chirurgical!

Avant tout acte médical, l'éthique veut que nous nous posions les questions suivantes :

Est-ce utile? Est-ce nécessaire? Est-ce bienveillant? Bien sûr, à l'égard du patient et non du thérapeute..., quoique, dans le cas présent, on peut se poser la question si c'est utile à 'homme qu'est le Professeur Antonarakis dans son parcours existentiel, s'il est nécessaire de l'assister avec une somme pareille (alors que ses activités ont déjà joui de l'appui de bien des organismes que nous finançons) et s'il est bienveillant de le charger d'une pareille responsabilité!

 

A l'heure que nous vivons, est-ce utile d'investir 35 OOO francs pour chaque génome étudié?

Est-ce bienveillant de faire croire aux patients et leurs familles que cela va faire faire un bond en avant dans l'étude de la schizophrénie, alors qu'il faudra encore bien du temps et des millions de plus pour aboutir – éventuellement – à des traitements?

Est- ce vraiment nécessaire de passer par cette voie-là pour améliorer la situation de tels patients?

Quarante millions est un don de superluxe aux yeux d'une grosse majorité de la population.

Cela me rappelle des sommes considérables réunies pour les victimes du tsunami. Cela sembla admirable mais beaucoup d'ONG ont vu baisser la recette des dons habituels. Effectivement, une fortune n'est pas extensible en soi. Par conséquent, dans notre cas, alors que bien des citoyens sont accablés par des primes d'assurance maladie toujours à la hausse et que bien d'autres ne se sentent pas en bonne santé, ne vaudrait-il pas la peine de faire des recherches dans des domaines complètement autres? Dans des domaines où les individus apprennent à gérer avec curiosité et goût de l'expérience leurs santés avant de choir dans des maladies chroniques, celles qui coûtent justement si cher.

 

Dans bien des dimensions, la société humaine prend conscience qu'il est indispensable d'effectuer de grandes mutations. Ne serait-il pas temps que la recherche s'y engage aussi et qu'elle nous propose des projets beaucoup plus en relation avec notre époque qui change à grande vitesse?

Commentaires

"Le fou cherche le bonheur au loin, le sage le cultive à ses pieds."(James Oppenheim)

"Même si notre ego déteste l’admettre, les moments où nous connaissons le plus grand bonheur, ce qui sous-entend la paix la plus profonde, sont les moments où nous cessons de vouloir, de désirer, les moments où, pour une raison ou une autre, et peu importe laquelle, nous ne voulons absolument rien, ni du monde ni d’aucun être."(AndrewCohen. La promesse de perfection. Editions A.L.T.E.S.S.)

«La justice sans religion vaut mieux que la tyrannie d'un dévôt» (Djâmî).

«L'idéal, c'est l'indifférence du surhomme, qui laisse tourner la roue cosmique»(Chuang-Tzu).

«On connaît tout en regardant le soi» (Upanishads).

«Pour avoir une postérité, il faut des couilles, non des offrandes»(Helvétius).

«Tu cesseras de craindre en cessant d'espérer»(Sénèque).

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 21 juillet 2008

Les commentaires sont fermés.