05 juillet 2008

La cigarette, le fumeur, fumer

 

Essayons de sortir du système binaire actuel : fumée passive ou non, dehors ou dedans, interdiction étatique ou non; bref, bon ou mauvais!

C'est vrai que la fumée dérange mes yeux et ma trachée mais j'ai beaucoup de compassion pour ceux qui se débattent avec leurs tendances à fumer ou sont dans de tristes états quand ils doivent s'en priver. Je vous propose d'approcher le sujet en tentant d'aborder une trinité : la cigarette, le fumeur et fumer, vaste complexe où intéragissent bien des éléments.

La cigarette : Evidemment, elle contient du tabac mais on parle très peu des centaines d'additifs qui ont leurs parts de responsabilité dans la fumée passive (ou active!). Je rappelle simplement que tout produit chimique peut créer des allergies car il n'est pas reconnu par le corps, ou encore des réactions irrititatives par ses molécules au contact des cellules. Quant au tabac, il est sympathique de se rappeler les calumets de la paix, à savoir le tabac utilisé dans un but méditatif, de contact avec l'au-delà et pas seulement avec le Grand Manitou! Il continue d'être utilisé dans les rituels amérindiens pour stimuler la force vitale et aussi la force psychique. Il est intéressant de découvrir que certains chamans l'utilisent en breuvage, breuvage qu'ils proposent en premier au novice, avant que celui-ci ne l'expérimente par les voies respiratoires. Evidemment, tout cela se passe dans des rituels bien structurés, après avoir testé le novice dans ses capacités à gérer son corps et ses émotions et l'avoir préparé avec une diète. Il est aussi utilisé en thérapie, comme toutes les plantes puissantes, ce qui signifie selon des règles de dosage et de fréquence.

Le fumeur : Il n'existe pas de fumeur (terme qui inclut fumeuse!) en soi mais des être humains qui utilisent ce moyens. Donc une variété complexe de dispositions personnelles, sociales ou conjoncturelles, besoins, habitudes, coutumes etc. Aller à la rencontre de ses propres dispositions peut permettre de modifier sa relation au tabac et à son mode de procéder pour s'en octroyer une (car une à la fois...) On découvre aussi cette diversité dans les modes de limiter, voire d'arrêter de toucher une cigarette: entre le pharmacien qui a reculé chaque matin le moment de sa première cigarette ou la femme qui descendait ses 3étages pour aller en prendre une dans sa boîte aux lettres. Les motivations sont aussi passionnantes à connaître: plusieurs livres les décrivent et il s'agit chaque fois d'une histoire de vie très chouette. Il y a celle qui consiste à faire un bilan de toutes les bonnes cigarettes fumées, en être reconnaissant et savoir s'arrêter avant que le corps ne soit débordé et ne sache plus se rééquilibrer.

Fumer : De l'objet "cigarette" au sujet souverain "fumeur" nous arrivons à l'acte de fumer, au geste de mêler de la fumée à l'inspir. Le geste peut sembler le même pour chacun mais la conscience qu'on y met peut être très distincte. Conscience des sensations de toucher la cigarette, d'y mettre le feu, de la première inspiration puis de la vitesses de reprendre une nouvelle bouffées et enfin l'écrasée finale. Chacune de ces séquences peut représenter bien des perceptions très distinctes d'un expérimentateur à l'autre. On peut se satisfaire des sensations physiques mais aussi se porter attentif à des sensations plus affectives voire psychiques. Celui qui, en plus, porte son attention à son être vivant le geste et les sensations, peut atteindre un niveau de conscience de soi toujours plus subtil.

 

Ainsi donc, j'ai essayé de vous donner des éléments pour vous permettre d'être plus conscients de votre acitivité "fumeuse" (!) et de vivre votre choix plus souverainement. Pour ceux qui ne fument pas, la vie nous donne bien d'autres expériences pour aller vers le BIEN-ETRE-SOI.

 

 

Commentaires

Un bien grand plaisir de lire cette fine analyse, Madame.

Pour la compléter, j'ajouterais que pour les (vrais) fumeurs de pipe et de bons cigares, il y a tout un rituel compliqué à respecter absolument. Le plaisir purement sensuel qu'ils ressentent commence par la vue et le toucher. Pour les fumeurs de pipe, la vue et le toucher d'un bel objet en bois de bruyère, aux veines mises en valeur par le sablage ou la patine du temps. Pour les fumeurs de cigares, la vue et le toucher d'une pure merveille faite de tabac et de feuilles assemblées et roulées par des mains expertes.
Le plaisir qu'apporte le parfum* du tabac, dégagé d'abord par son naturel puis par sa combustion lente et bien maîtrisée, vient longtemps, longtemps après le moment très important où la flamme vient le caresser avec douceur et intensité.

:o)

*Pour les non-fumeurs: je sais-je sais, tout le monde n'aime pas les mêmes parfums. Merci de respecter mes goûts comme je respecte les vôtres.

Écrit par : Blondesen | 05 juillet 2008

Sans en oublier pour autant le côté solidaire, mis en avant par son excellence, l'ambassadeur de l'ONU, Jean Ziegler, envers le peuple cubain, qui lui, souffre d'un manque évident de devises et subsidiairement de démocratie.

Fumer, constitue un acte de solidarité avec le monde, ainsi qu'avec les générations qui nous ont précédées, nos ainés, pour lesquels, les taxes appliquées sur le paquet de cigarettes, contribuent à assainir les finances de la Confédération.

La différence entre les fumeurs et les non-fumeurs, c'est que ces derniers, ont dans leur corps, une glande qui fabrique de la nicotine naturelle, tandis que les premiers doivent se la faire apporter par l'absorption de la fumée provoquée par la combustion du tabac.

Les fumeurs, en fumant, apportent donc un complément nécessaire à leur corps.
Toute comme certains boivent des boissons à base de vitamines, les fumeurs surveillent leur santé, aussi.

Permettez-moi, madame Marie-France de Meuron, de vous souhaiter un excellent week-end.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05 juillet 2008

Merci pour votre visite sur mon blog naissant!
Je crois à la solidarité consciente, quand le geste du coeur précède le geste du corps. Les taxes imposées permettent rarement cette conscience.
D'autre part, pour bien des personnes, fumer conduit à de graves maladies. A ce moment-là, on perd la solidarité avec soi-même, l'être dont nous sommes le plus proche!
De plus, si on en devient malade, on se porte alors à charge de la solidarité d'autrui.
Si nous voulons aider les Cubains ou les générations qui nous ont précédés, je crois qu'il y a des moyens plus créatifs et plus évolutifs que l'acte de fumer.

Je n'ai jamais entendu parler de glande sécrétant la nicotine. Merci de m'en donner vos références. Ce qu'il me semble, c'est que le système nerveux peut sécréter des substances apparentées à la nicotine; si l'on apporte ces substances de l'extérieur, cette fonction ne reçoit plus de stimulation et "s'endort" d'où la difficulté de la remettre en route en cas de sevrage.

A vous, Monsieur Victor Dumitrescu, je vous souhaite un doux dimanche.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 juillet 2008

Madame Marie-France de Meuron,
Fumer, constitue un (parmi beaucoup d'autres) acte de solidarité avec le monde, ainsi qu'avec les générations qui nous ont précédées, nos ainés, pour lesquels, les taxes appliquées sur le paquet de cigarettes, contribuent à assainir les finances de la Confédération.

Ne m'en tenez pas rigueur, de ne pas m'être suffisamment expliqué, dès le début, sur ma phrase, je vous prie.
D'ailleurs en parlant de "glande", je ne trouvais pas mes mots, mes souvenirs étant un peu poussiéreux à ce sujet-là...mais je vous remercie, d'en avoir apporté la précision qui me manquait.

Malgré nos souhait réciproque, la météo semble nous donner tort, au lieu de "doux", il est pluvieux, ce dimanche...

En tous cas, pour un blog naissant, vous démontrez beaucoup de maturité rédactionnelle...ce à quoi beaucoup en aspirent encore et toujours...

La courtoisie (malgré la météo) m'impose de vous renouveller mon souhait d'un excellent week-end (enfin, ce qu'il en reste).

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06 juillet 2008

Madame,

"Fumer, constitue un (parmi beaucoup d'autres) acte de solidarité avec le monde (...)"... en en tombe parterre!

Décidément, Monsieur Dumitrescu semble avoir lui-ême trop fumé d'on ne sait trop quoi... Quant à la glande dont il fait mention, sans doute est-elle née dans son esprit fertile en idées saugrenues et principes dénués de sens ("Les fumeurs, en fumant, apportent donc un complément nécessaire à leur corps")...

Il est amusant de constater que, depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, de prétendus défenseurs de la liberté, vociférants et agités, se sentent tout à coup privés de leurs droits (supposés) à empoisonner les autres...

Les chiens aboient, la caravanne passe. Les fumeurs fument dehors et tout le monde est content.

Bon dimanche!

Écrit par : cndavid53 | 06 juillet 2008

Madame de Meuron, on est ravi que vous ayez créé votre blog. Vos différents commentaires, conseils de médecin nous sont toujours précieux.

Concernant la fumée, force est de constater que tout ce matraquage ne lutte pas contre la fumée mais contre les fumeurs. Préciser qu'un fumeur n'est pas une identité mais un acte (en l'occurrence, celui de fumer, comme celui de marcher, de manger, de faire du football, etc.) constitue une figure de rhétorique qui tend à masquer la volonté de stigmatiser, toujours et encore ceux qui aiment fumer.

Cette stigmatisation vise avant tout un processus d'exclusion, à l'instar de toutes les formes de catégoriasations sociales (les femmes, les handicapés, les fumeurs, les chauves, les Jaunes ou les Gris, etc.) ... C'est ce phénomène social qui veut toujours plus exclure et compartimenter les gens qui est dégoûtant dans les décisions politiques de ce genre.

Triste de constater donc combien les êtres ne se supportent pas et utilisent tous les pouvoirs (petits et grands) pour "flinguer". Les pires sont ceux qui n'en ont pas l'air et qui s'expriment "je sais ce qui est bon toi".

Si les gens nourrissaient un peu plus de respetc les uns envers les autres, nous ne serions jamais arrivés à un tel état de "guerre d tous contre tous"!

Bien à vous.

Écrit par : Micheline Pace | 06 juillet 2008

@cndavid53
Les insultes ne salissent que ceux qui les profèrent.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06 juillet 2008

A cndavid53 je comprends que vous puissiez avoir été surpris par l'affirmation de "fumer par solidarité", par l'intermédiaire des taxes.
Essayons de construire à partir de cette déclaration. Nous pouvons reconnâître qu'il y a des rencontres, quelles soient rituelles ou autres, où l'on fume dans un esprit de communion, en solidarité pour une cause ou pour fêter un événement. Il serait bon de trouver une formule qui permette de vivre cette solidarité sans avoir à se blesser les poumons. Chacun est invité à devenir créateur d'une action qui soutienne ou symbolise cette solidarité.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 juillet 2008

Grand merci, Mme Pace, pour votre accueil bienveillant.
Pour moi, parler d'une personne dans son acte de fumer plutôt que d'un fumeur n'est pas une figure de rhétorique mais procède d'un tout autre regard porté sur lui, sur elle.
Une personne est un univers aux multiples dimensions; si je ne concentre mon regard que sur son acte, je la réduis à une parcelle de vérité. Je vous suis reconnaissante d'avoir parlé du processus de stigmatisation car il fragmente la perception que nous pouvons avoir d'un être humain. Notre souci actuel de tout analyser coupe en petits morceaux toute entité et ne tient plus compte de la complexité d'un système, d'où toutes les fractures dans notre société actuelle.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 juillet 2008

Bonjour ! Il y a un site spécialisé ici:

http://www.lesdissidentsdegeneve.ch

Très intéressant. Engagé pour les libertés...

Écrit par : Easy Smoke | 21 juillet 2008

Bonjour Easy Smoke,
Pour moi, il y a une liberté, celle qui conduit à notre plein épanouissement.
Un bébé qui naît a le droit a un air pur qui réponde aux lois de la biologie et ainsi de suite pour les enfants qui ont le droit de respirer l'air qui correspond à leurs petits poumons. Je suis profondément blessée quand je vois un enfant souffrir d'une bronchite spastique suite à un voyage en voiture avec des parents qui fument pour leurs satisfactions. Ou encore, un enfant qui arrive à la consultation avec un mal de tête car sa mère a fumé tout le long du parcours, refusant qu'il ouvre la fenêtre; quand je demande à la mère sa version, elle le reconnaît en se justifiant que elle-même doit bien accepter que son fils est obèse...
Autrement, il y a des libres arbitres qui font comme ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent, ce qu'ils veulent. Ce libre arbitre est donc une "faculté de se déterminer sans autre cause que la volonté" selon la définition du Petit Robert. Ils ne procèdent donc pas d'un élan essentiel. Par conséquent nous n'avons pas à nous prosterner devant.
Il y a aussi les caprices pour se soulager d'une tension ou se récompenser. Ces caprices-là n'ont pas à empiéter sur l'air d'autrui.
Quant à la liberté de se faire du mal, cela relèverait plutôt du masochisme, donc d'une pathologie!

Voilà, Easy Smoke, vous pouvez essayer de vous identifier à ce nom mais vous ne convaincrez pas une bonne partie des citoyens que fumer soit si "easy" que ça; le geste sans doute qui ne demande pas grand effort mais pas toute la portée qu'il a autour de vous et, à la longue, en vous. Si allumer une clope est "easy", se soigner des suites du tabac, et pas seulement du cancer des poumons, relève d'un réel combat souvent fort douloureux. Sans compter les handicaps qui briment la liberté sur bien des plans!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 juillet 2008

Fumer tue, pollue...etc. La liberté des fumeurs, ne doit pas entacher la liberté de respirer un air pur, des non-fumeurs.
Cependant, l'air est vicié à cause de beaucoup d'autres éléments.
Flatulences, transpirations, pollution des voitures, camions, centrales à gaz...etc.
Nous, les fumeurs et non-fumeurs, évoluons de toute manière, dans un environnement pollué, vicié...etc.

Bien à vous,

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 21 juillet 2008

Il est vrai que nous vivons dans un environnement chargé de différentes particules.
Comme la société se doit d'évoluer, chacun prend conscience selon son milieu, selon ses moyens, selon les occasions, de ce qu'il peut modifier, améliorer, éviter etc.
Le temps est venu de prendre conscience de toutes les particules inhalées involontairement tant par les fumeurs que par les non-fumeurs.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 juillet 2008

Je m'insurge en faux !
La société NE se doit pas d'évoluer, d'ailleurs elle n'a aucune contrainte.
Regardez si vous pouvez, le documentaire, d'Ushuaia, diffusé le soir même de la libération d'Ingrid Betancourt, sur une tribu amazonienne...TF1...
Consternant de simplicité...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 21 juillet 2008

Monsieur Dumitrescu,
Pour moi, la société est faite d'individus qui portent tous en eux des graines de croissance qui deviendront des pousses et évolueront selon différentes conditions. Pour rester dans le thème de l'article en cours, vous pouvez constater que le fait et les occasions de fumer, les fumeurs, les lieux pour fumer ont aussi évolué avec le temps. Le flux de la vie, telle une rivière ne
s'écoule jamais au même endroit de la même façon. Aussi le mode de fumer actuel doit (c'est allé même jusqu'à être inscrit dans la loi!!!) aussi subir ses mutations.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 juillet 2008

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